Pour une écologie de rupture : commençons par mettre fin à l’ère du plastique en Europe

Mettre fin à l’utilisation de tous les plastiques à usage unique est l’un des moyens les plus efficaces pour avancer vers un modèle qui respecterait les limites de notre planète. 

Ces plastiques sont symptomatiques d’un système libéral dépassé : délocalisation, surproduction, pollution. Les producteurs, en choisissant ce matériau peu coûteux économiquement, mais avec un coût considérable pour l’environnement, contribuent au réchauffement climatique et font peser le poids de leur pollution sur les consommateurs

Cette initiative citoyenne européenne s’inscrit donc dans la démarche du passage à une écologie de rupture : supprimer progressivement les emballages plastiques à usage unique, au profit d’emballages réutilisables et non pas seulement recyclables, permettrait d’impulser une transition de nos modes de consommation, de raccourcir les circuits de production et de consommation, de créer des emplois locaux et durables.

Cette pétition est officielle et si nous récoltons au moins 1 million de signature en un an, la Commission Européenne sera invitée à réviser la Directive sur l’impact de certains plastiquesdans l’environnement dans le but d’interdire tous les plastiques à usage unique en Europe, en commençant par les bouteilles en plastique. 

En se saisissant du système de l’initiative citoyenne européenne, le Printemps européen souhaite marquer son attachement à la participation démocratiqueau processus décisionnel européen et sa vision commune pour l’écologie. Les citoyens doivent avoir davantage voix au chapitre au sujet de la protection de l’environnement et de la biodiversité, et la lutte contre le réchauffement climatique.

En 2019, le « jour du dépassement » a été franchi  le 10 mai. En 1961, il tombait le 13 octobre. L’urgence est là, nous avons poursuivi notre course vers une croissance exponentielle sans prêter attention aux limites de notre planète. Au « pic de tout », nous souhaitons demander par cette initiative un changement de paradigme : créer une transition écologique qui ressemble aux attentes des citoyens et corresponde aux recommandations des scientifiques. La transition écologique est un défi mais elle peut également être l’occasion de créer une société plus juste et responsable. Nous n’avons plus de temps à perdre, ensemble agissons !

Pour plus d’information sur cette initiative : voir annexe ci dessous ⬇️

(A venir : site officielle pour la récolte des signature )

ANNEXE de notre proposition d’Initiative Citoyenne Européenne (ICE) soumise à la Commission européenne :

Notre initiative citoyenne part d’un constat : malgré les alertes grandissantes des scientifiques sur l’urgence à agir et à changer de modèle économique, nos dirigeants s’entêtent dans des politiques d’ajustement insuffisantes. Alors que l’Union européenne regroupe 7 % de la population mondiale, elle absorbe 20 % de la biocapacité de la Terre et la situation ne cesse de se dégrader : en 1961, le « jour du dépassement »tombait le 13 octobre, c’était cette année le dix mai dernier. 

Dans ce contexte pourquoi se limiter à interdire certains plastiques à usage unique alors que tous se retrouvent dans les océans et que leur simple production contribue au dérèglement climatique? Cette logique d’ajustement a minima n’est pas viable et nous la dénonçons. Nous proposons donc cette initiative afin d’amorcer un changement concret et profond de notre modèle de consommation vers un modèle alternatif 1) respectant les limites de nos ressources 2) relocalisant la production 3) créant des emplois .

Pourquoi les plastiques ?

Les plastiques à usage unique sont symptomatiques de notre modèle de consommation. 

Les bouteilles en plastique comptent parmi les 5 déchets les plus retrouvés sur les plages européennes. Et pour cause, pour alléger les coûts de transport et mondialiser toujours plus les systèmes de production, les multinationales misent sur cet emballage peu coûteux. Dans une étude d’avril dernier, Greenpeace soulignait ainsi que l’utilisation du plastique par Coca Cola avait connu une hausse de 12 % entre 2008 et 2015, augmentation similaire à l’évolution de la proportion d’emballages jetables (+12% sur la même période). Parallèlement, la proportion de bouteilles recyclées chez le géant de l’agroalimentaire ne cessait de baisser, passant de 63 % en 2013 à 61 % en 2015 et 59 % en 2015 en Europe. 

Au-delà de leur contribution au changement climatique a également un impact négatif sur la santé humaine. Un rapport récent du Centre International du Droit de l’Environnement (CIEL) mettait en lumière la toxicité du plastique pour la santé humaine à tous les stades du cycle de vie du produit : depuis le rejet de produits chimiques nocifs lors du processus d’extraction et de fabrication de la matière première; à l’exposition aux additifs chimiques lors de son utilisation; et aux déchets plastiques qui contaminent l’environnement et les aliments[1].

Les scientifiques ne cessent de le répéter, la lutte contre le changement climatique implique de produire et consommer autrement pour respecter les limites de notre planète. Or l’utilisation de plastiques à usage unique contribue à entretenir un modèle économique responsable du changement climatique. Basé sur l’utilisation d’énergies fossiles, l’usage du plastique favorise les délocalisations, les cadences rapides de production, les transports toujours plus long et élevés en émission de CO2 ainsi que l’achat de denrées lointaines plutôt que locales. 

Le recyclage que promeuvent ardemment les industriels n’est pas non plus une solution durable. Comme le soulignait Nathalie Gontard, chercheuse à l’INRA” ces acteurs évacuent la question des limites physiques et économiques du recyclage. Au delà des bouteilles en PET, la majorité des plastiques ne sont aujourd’hui pas recyclables, ou destinés à un recyclage de basse qualité”. De plus, le plastique contribue en réalité à faire peser sur le consommateur une partie du coût de la pollution puisque ce sont les collectivités qui sont en charge de la collecte et du traitement des déchets dans la plupart des pays alors-même que ce sont les industriels qui sont à l’origine de cette pollution. 

Notre initiative se concentre donc sur les plastiques à usage unique, élément central d’un modèle qui nous semble dépassé. Notre proposition vise en réponse à créer un cercle vertueux permettant la production de denrées en circuits-courts plus responsables et la création d’emplois locaux durables. Il s’agit en premier lieu d’interdire tous les plastiques à usage unique pour donner aux acteurs un signal clair, favoriser la mise en place de systèmes alternatifs telle que la consigne et impulser une réelle transition des modes de consommation des européens. 

Quelles alternatives ? 

Il existe différentes alternatives aux emballages en plastique. Pour les bouteilles, l’utilisation de fibres végétales telles que celles de blé en sont un exemple. Mais l’alternative qui a déjà fait ses preuves et qui s’intègre dans une optique complète de réutilisation est l’utilisation du verre, associée au rétablissement de la consigne. 

Lors de l’achat de son produit, le client paye une petite somme supplémentaire (quelques centimes) qui lui seront rendus lorsqu’il rapporte le contenant (bouteille, bocal…)  dans son commerce ou dans un point d’apport. Dans le cas d’un emballage en verre, le contenant ainsi récupéré peut être lavé et réutilisé. Par opposition, le recyclage d’une bouteille nécessite de casser/fondre et de fabriquer de nouveau l’emballage, un processus plus gourmand en énergie. 

La consigne était un système courant  jusque dans les années 70, abandonné au profit du « jetable », permettant aux fabricants de s’éloigner des lieux de vente. Le verre étant un produit plus lourd, il était donc peu adapté au transport sur de longues distances. 

L’utilisation du verre plutôt que du plastique en association avec le rétablissement de la consigne permet :

  • la réduction des déchets sauvages abandonnés dans la nature
  • des économies d’eau et d’énergie grâce à la réutilisation du contenant pour le verre
  • des économie pour le consommateur (qui ne paye pas le coût de l’emballage) et pour le producteur (qui peut réutiliser ses emballages).

Pour ce qui est des autres denrées alimentaires actuellement vendues dans des emballages en plastique à usage unique, il s’agit de les supprimer progressivement au profit d’emballages réutilisables, l’idée étant de rapprocher le consommateur du producteur.

Quels impacts sur l’emploi ? 

Interdire les plastiques à usage unique contribuera à relocaliser la production et donc à créer des circuits-courts et par conséquent des emplois locaux. 

De plus, en favorisant le rapprochement entre consommateurs et producteurs, c’est un autre mode de production et d’agriculture qui sera favorisé, plus responsable et créateur d’emploi. Enfin, rapprocher le consommateur du producteur sous-entend une rémunération plus juste des différentes parties de la chaîne de production.

Quelles conséquences attendues pour la société ? 

Par cette initiative, nous entendons amorcer un changement de paradigme : créer une transition écologique qui ressemble aux attentes des citoyens et corresponde aux recommandations des scientifiques. La transition écologique est un défi mais elle peut également être l’occasion de créer une société plus juste et responsable. Nous n’avons plus de temps à perdre, ensemble agissons !


[1]Plastic & Health: The Hidden Costs of a Plastic : www.ciel.org/plasticandhealth

Print Friendly, PDF & Email

Leave a comment

Your email address will not be published.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.