Le principe de précaution doit s’appliquer aux nouveaux OGM

Le Commissaire européen à la santé et à la sécurité sanitaire, Vytenis Andriukaitis, a déclaré mercredi que, selon lui, « un nouveau cadre réglementaire pour les nouvelles techniques [de modification génétique] » serait à mettre en place après les élections européennes de mai 2019.  A peine sept mois plus tôt, en juillet 2018, la Cour de Justice Européenne reconnaissait les « nouveaux OGM » comme étant bel et bien génétiquement modifiés et comme devant être réglementés comme les autres plantes transgéniques. Pourtant, la semaine dernière, le Commissaire Andriukaitis menait une nouvelle offensive pro-OGM. Cette prise de position en dit long sur l’état du débat actuel et la montée en puissance des lobbys et de l’industrie.

Les nouveaux OGM ou New Plant Breeding Techniques (NPBT) sont de nouvelles techniques de modification du génome, tout comme les OGM « classiques » que nous connaissons, apparues depuis plusieurs années. Ces nouveaux OGM sont obtenus à partir d’autres techniques que la transgenèse : la technologie des nucléases à doigts de zinc, la mutagenèse dirigée par oligonucléotides, la cisgenèse, l’agro-infiltration, etc. Elles représentent, comme leurs ainées, des risques importants : pour l’adaptation et la protection de la biodiversité et pour la protection des espèces cultivées en cas de dissémination des modifications génétiques obtenues.

L’Union européenne doit adopter une démarche responsable vis à vis de ces pratiques pour lesquelles nous avons peu de recul : le principe de précaution doit alors s’imposer, la CJUE ayant même déclaré dans son arrêt que ces nouveaux OGM présentent en effet un risque pour la santé et l’environnement. Mais il faut également assurer une traçabilité accrue de ces produits.

En tout état de cause, le contrôle des importations en provenance des États-Unis de ces nouveaux OGM doit être plus rigoureux. Seules les importations pour lesquelles l’UE dispose de preuves attestant qu’elles ne sont pas contaminées par des OGM illégaux peuvent être autorisées.

Le Commissaire le rabâche : « il faut croire la science ». Oui, et les scientifiques le soulignent, les effets hors cibles sont importants dans ce genre de manipulation génétiques et pourraient être une menace supplémentaire pour la biodiversité dont on ne peut prévoir la réaction face à la dissémination de ces modifications.

La Commission européenne va-t-elle enfin protéger les citoyens européens de l’importation d’OGM non testés, tels que le nouveau soja OGM ? La Commission européenne doit agir pour mettre en œuvre une décision de la CJUE et pour garantir que des tests pour les importations illégales d’OGM soient développés.

Depuis le début de mon mandat, et soutenu par d’autres députés européens, je me suis systématiquement opposé à l’introduction d’OGM sur le territoire européen, alors que la commission abusait de son pouvoir. Cher Commissaire Andriukaitis, nous perdons patience et les citoyens européens attendent depuis neuf mois que la Commission européenne mette en œuvre la décision prise par la Cour de Justice européenne, que cela plaise ou non à l’industrie.

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