DISPARITION DES ABEILLES : LE PARLEMENT DEMANDE DES ANALYSES PLUS STRICTES DES NEONICOTINOIDES

Le 25 février dernier, je co-signais avec les membres de la Délégation Génération-s au Parlement européen et une centaine d’eurodéputé.e.s, une lettre adressée au comissaire européen Andriukaitis chargé de la santé et de la sécurité alimentaire appelant à davantage de précaution dans l’analyse des néonicotinoïdes présents sur le marché européen.

En effet, en 2013, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) adoptait une nouvelle méthodologie d’analyse pour mieux comprendre l’impact de ces produits phytopharmaceutiques sur les abeilles et autres espèces de polinisateurs[1]. Aujourd’hui, ces orientations sont considérées comme les plus complètes en matière d’évalutation mais n’ont toujours pas été adoptées par l’ensemble des Etats membres au sein du comité permanent sur les plantes, les animaux, les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (comité PAFF). Les analyses de risques réalisées sur les néonicotinoïdes devraient ainsi prendre en compte la toxicité chronique résultante d’une exposition prolongée dans le temps ; les voies d’exposition multiples (aliments, eau, habitat des polinisateurs) ; mais aussi les effets sur les différentes étapes de la vie des abeilles.

Il y a urgence. La Commission et les gouvernements européens doivent agir ! Dans l’UE, environ 84% des espèces cultivées et 78% des espèces de fleurs sauvages dépendent, du moins en partie, de l’activité des pollinisateurs. Premières victimes des pesticides, particulièrement des néonicotinoïdes, les abeilles sont menacées d’extinction en Europe. Le taux de mortalité atteint jusqu’à 80 % dans certaines ruches d’Europe.

Le document d’orientation de l’EFSA préconise ainsi de se pencher davantage sur les nouveaux modes d’exposition (notamment à faibles doses mais de manière prolongée) des pollinisateurs aux produits phytopharmaceutiques. S’il est essentiel d’allouer moyens supplémentaires à la recherche sur les causes possibles de la disparition des abeilles, il en revient également aux gouvernements d’appliquer sur tous les territoires les pratiques qui en ressortent.

La Commission européenne doit utiliser tous les moyens dont elle dispose pour s’assurer que les orientations relatives aux abeilles de l’EFSA soient adoptées dans leur intégralité et ne soient aucunement affaiblies au bon grès des gouvernements européens. La disparition des abeilles met en péril la reproduction du vivant, notre sécurité alimentaire et provoque un désastre à la fois écologique et humain. Toute adoption partielle ou affaiblie du texte maintiendra les dangers sanitaires que posent la mise sur le marché de ces produits. Nous ne pouvons plus accepter les lacunes dans la mise en œuvre de ces dispositions.

Le déclin de la population de pollinisateurs est symptomatique d’une catastrophe plus importante pesant sur la biodiversité. Mes collègues eurodéputé.e.s et moi-même en appelons à faire en sorte que tous les pesticides, et en particulier les néonicotinoïdes, soient évalués selon des normes élevées. Tous les produits phytopharmaceutiques n’ayant pas subi ces tests devraient être interdits.

Lire la lettre adressée au Commissaire Andriukaitis en français.


[1] https://www.efsa.europa.eu/en/efsajournal/pub/3295

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