Stratégie Climat de l’UE : le marché n’est pas la solution

La semaine passée au Parlement européen, nous avons voté sur une résolution concernant la stratégie long-terme de l’UE pour réduire les émissions de gaz à effets de serre.

Ce texte, qui aligne les bons constats : urgence climatique, hausse constante des émissions de gaz à effets de serre, impasse du système agricole intensif, n’en tire pas pour autant à mon avis les conclusions nécessaires.

Certes, l’Union Européenne doit relever son objectif de réduction des émissions à effet de serre, et même aller au-delà des 55% demandé par le Parlement européen pour 2030. Mais l’Union doit surtout acter qu’une stratégie de lutte contre le changement climatique basée sur le marché carbone est un échec. Attendre et faire toujours plus reposer notre politique climatique sur ce dernier est une impasse. Nous ne voulons pas prendre ce risque, ni perdre une décennie supplémentaire ou continuer la financiarisation de la nature. Il faut redonner au législateur un contrôle réglementaire et ne pas laisser au marché la mainmise sur notre avenir.

La proposition que j’avais versée au débat en commission, comme d’autres députés, et qui a été rejetée en plénière est d’opter pour une stratégie réglementaire de sortie progressive des énergies fossiles, assorties de sanctions suffisamment dissuasives pour que la transition tant attendue des industriels puisse être effective et juste. Nous ne pouvons plus croire, ni faire croire aux citoyens, que la financiarisation progressive de l’environnement permettra de changer de modèle économique alors que c’est précisément celui-là, basé sur le marché, qui nous a mené dans cette impasse.

Le prix du carbone n’est à ce jour pas assez élevé pour permettre une réelle transition. De plus, tel qu’il est conçu, le marché présente de nombreuses failles qui exposent notre politique climatique à la spéculation et à un risque de crash. Au contraire une politique réglementaire permettrait une vraie lisibilité de notre politique de lutte contre le changement climatique, enverrait un signal clair aux différents acteurs et donnerait aux citoyens un réel pouvoir de contrôle.

Pour toutes ces raisons, je me suis abstenu, conscient de l’urgence à laquelle nous faisons déjà face et qui pèse sur les plus vulnérables. Ne pas accepter les compromis sous formes de voies sans issues que nous impose les libéraux fait partie de la bataille que je continuerai à mener.

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