LA QUALITE DE L’AIR EST UN INDICATEUR SOCIAL ET DE DISCRIMINATION

Cette semaine au Parlement européen, nous adoptions un rapport d’initiative pour un air de qualité pour tous. Ce rapport demande à la Commission d’aller plus loin, notamment en prévoyant des normes plus larges, couvrant différents types de particules ou encore en réduisant les écarts entre les tests de pollution en laboratoire et sur les routes.

67 000 en France, 790 000 en Europe et 8,8 millions dans le monde[1], ce sont le nombre de morts prématurées annuelles imputables à la pollution de l’air. Dans toute l’Europe, c’est environ 98% de la population urbaine qui se retrouve notamment confrontée à l’exposition de niveaux d’ozone excédant largement les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Et depuis la fin du mois de février, la France est traversée par des pics de pollutions hivernaux.

La somme croissante de preuves scientifiques ne trompe pas. Nous devons agir vite. En outre, l’OMS le souligne dans ses rapports : la pollution de l’air et le réchauffement climatique discriminent. Ce sont les plus pauvres qui y sont le plus sujets, parce qu’ils sont nombreux à habiter près des axes routiers dans des logements mal isolés.

Et il est ô combien facile de mettre le blâme sur les individus qui, souvent, n’ont pas choisi l’endroit où a été construit le logement, ou bien même leurs systèmes de ventilation. Ce sont bien les décideurs de la ville qui créent la majeure partie des pollutions de l‘air intérieur avec des permis d’implanter des milliers de mètres carrés de logement sociaux proches des grands axes routiers, là où à Paris on le sait la zone de pollution du périphérique s’étend à 170 mètres à ses alentours.

Notre écologie est politique, nous ne devons pas choisir entre écologie et progrès social. L’urgence est à la fois à la protection des plus fragiles et des biens communs. Depuis des décennies, nous produisons sans relâche et nous sommes à la recherche perpétuelle de progrès techniques, sans nous soucier que notre santé dépende de la préservation de notre planète et des ressources qui nous sont offertes. Repenser nos modèles de production et de consommation est une nécessité vitale,

Face à un tel enjeu de santé publique il ne serait pas justifiable de ne pas agir à l’échelle européenne. Les sanctions contre les États Membres ne respectant pas les engagements de la réglementation européenne sur la qualité de l’air (Directive 2008/50/CE) doivent être prises, et la Commission doit agir à la hauteur de ses prérogatives de garante de nos intérêts face aux dangers sanitaires de ces infractions. Nous avons déjà perdu beaucoup de temps face à des États qui repoussent à se mettre en règle.

En tout état de cause, la nécessaire transition n’est pas possible sur le modèle néolibéral actuel, sauf à peser sur les plus vulnérables et à accentuer l’accumulation des désavantages environnementaux, sociodémographiques et économiques.


[1] https://www.franceinter.fr/sciences/la-pollution-de-l-air-tue-desormais-davantage-que-le-tabac?fbclid=IwAR120D_GXNesmfbxErMdq4atAKwKwUiRs-rKtZwGgmbhWu4aKW8xw2i51Bg

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