Fonds monétaire européen : la gouvernance économique ne peut se soustraire au contrôle démocratique

[Communiqué de presse]

La création du « Fonds monétaire européen » (FME) était soumise au vote du Parlement ce midi. Impulsé suite à la crise économique et financière de 2008, qui a révélé les faiblesses de l’architecture de la zone euro, ce nouveau fonds a vocation à devenir un « filet de sécurité » pour les États rattachés à la monnaie unique en cas de problèmes financiers graves.

Si nous partageons les motivations de la création de ce Fonds, nous faisons de la démocratie et de la transparence de son processus de décision des priorités. La gestion dramatique de la crise grecque a souligné les dérives d’une gouvernance de la zone euro opaque, incontrôlée et déresponsabilisée. Il n’est plus question de laisser une Troïka non élue décider seule des orientations économiques de la monnaie unique et de la vie de millions de citoyens.

Or justement, il est prévu que ce FME soit géré par le Mécanisme Européen de Stabilité, instance intergouvernementale autonome qui évaluera seule la situation des États et déterminera les critères d’attribution du soutien financier. Le FME s’inscrit donc dans la droite ligne de la logique intergouvernementale et antidémocratique actuelle, et constitue un nouvel outil au service d’une politique austéritaire largement rejetée par les peuples.

La délégation Génération·s au Parlement européen défendait l’intégration du FME dans le budget de l’Union, conséquence logique de l’établissement du marché européen et amorce d’une Union monétaire intégrée. Elle ne se concevait pas sans un contrôle et une supervision budgétaire indissociables d’une exigence démocratique, hélas rejetés en commission parlementaire. La délégation Génération·s a donc voté contre le texte.

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