Rencontres avec les écoles ambassadrices du Parlement européen

Ce fut un beau moment de retrouvailles avec les lycéennes et lycéens d’Ile de France réunis, avec leurs enseignants et équipes de direction, pour les premières rencontres des ambassadeurs du Parlement européen en France. Je vous ai régulièrement parlé de cette initiative en faveur de laquelle je me suis investi durant mon mandat. Lancée par le Bureau du Parlement européen en France elle vise à rapprocher cette institution, souvent peu connue, des jeunes Européens. C’est surtout une ouverture sur l’extérieur qu’offre ce programme à des établissements professionnels pour lesquels le lien avec l’Europe est de plus en plus stratégique en termes de professionnalisation. Au côté des grands programmes comme Erasmus +, l’initiative « lycée ambassadeur » permet de s’initier aux grands enjeux européens.

Aux côtés des députés Cavada et Lamassoure, invités eux aussi à cette après-midi de rencontre, j’ai ainsi plaidé pour la poursuite et l’amplification de ce dispositif et sur son rôle moteur en termes politique. En effet si mes deux collègues issus d’une génération profondément marquée par l’expérience de la guerre ont, à juste titre, rappelé le rôle pacificateur de l’UE, je suis revenu aussi sur ses nouveaux défis. Rappeler les origines liées à l’après-guerre est nécessaire mais pour des jeunes marqués par la mondialisation et la mise en concurrence des individus dans le grand marché libéral, la paix est désormais liée à l’établissement de solidarités réelles entre les peuples européens.

J’ai été très frappé une nouvelle fois par l’acuité du regard porté par les lycéens sur ces réalités. Invités à produire un « journal de l’UE en 2048 » ils ont évoqué une Europe marquée par la crise sociale liée notamment à la numérisation/robotisation et par la crise écologique. Ils se projettent déjà dans les grands défis du futur parce que ce sont déjà les enjeux du moment.

Cela me permet de plaider une nouvelle fois pour que l’enseignement des questions européennes soit lié à ces problématiques actuelles, qu’ils permettent de les approfondir et surtout d’en débattre. Le meilleur moyen de s’approprier l’UE c’est d’exercer son esprit critique sur ses choix, ses stratégies autant que de l’expérimenter « en vrai » en se déplaçant à la rencontre citoyens européens des autres États membres.

En discutant pendant 5 ans avec les lycéens et surtout les enseignants très investis, j’ai été renforcé dans l’idée que l’expérience de la mobilité, particulièrement en termes de formation, était la pierre angulaire d’un sentiment d’appartenance européen. Mais elle reste encore inaccessible pour de très larges couches de la population de notre continent. Barrière financière, barrière linguistique sont des freins puissants surtout pour les jeunes.

C’est pourquoi j’ai proposé de franchir une nouvelle étape : l’UE s’engagera à soutenir la mobilité des Européens en formation, pendant un an. Ce serait un nouveau droit, s’adressant à la fois aux élèves, étudiants, professionnels et apprentis. Je vais continuer de réfléchir à cette proposition car nous devons clairement aller plus loin tant le programme Erasmus +, et l’initiative des « lycéens ambassadeurs du Parlement » démontrent l’importance d’une mobilité européenne quand d’autres sont obsédés par créer des murs à l’intérieur et autour de l’Europe. L’UE ne cesse de mettre en avant la jeunesse, il faut donc dépasser le slogan et l’imagerie pour obliger les États à donner les moyens de cette découverte concrète des territoires et des peuples européens. Et la bataille commence maintenant sur un sujet aussi sensible que le budget. Alors que le Parlement lutte pour que l’UE se donne les moyens de ses ambitions, notamment en renforçant Erasmus +, les chefs d’État renâclent et mettent en balance le destin de l’UE avec leur dogmes libéraux.

Nouveau droit à la mobilité pour tous se former en Europe, enseignement concret des questions européennes, amplification du programme Erasmus +, ces premières pistes sont le fruit de mon expérience auprès des établissements franciliens notamment. Une nouvelle fois bravo à eux et un remerciement particulier aux équipes du Bureau du Parlement européen en France ainsi qu’à tous ceux dans l’Éducation nationale qui œuvrent pour cette ouverture européenne.

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