Pas de préservation de la biodiversité sans changement de modèle économique

Ce mercredi 30 janvier, je participais à l’intergroupe sur le changement climatique au Parlement européen pour échanger sur l’issue des dernières négociations internationales sur la Biodiversité.

En effet, en novembre dernier se tenait la quatorzième conférence des parties sur la Diversité Biologique (CBD) en Égypte. Cette COP était essentielle en vue de la préparation des discussions qui se tiendront à Beijing en 2020 et où seront décidés les prochaines actions et objectifs communs des dix ans à venir pour endiguer la disparition de la Biodiversité.

Bien sûr, je me suis réjouis que les points soulevés par le Parlement européen et un grand nombre de parties prenantes aient été pris en compte dans les conclusions de la COP 14. Parmi ceux-là : l’importance de mettre en place un meilleur suivi de la mise en œuvre des objectifs et ce dès maintenant afin de savoir précisément où nous en sommes ; prendre exemple sur les négociations des accords de Paris pour intégrer plus de flexibilité au cadre de la CBD en diversifiant les outils à la disposition des parties : agenda de l’action, engagements nationaux contraignants liés à des engagements volontaires à long terme ; faire de la Biodiversité une priorité politique au même titre que le climat ; ou encore donner la possibilité à toutes les parties prenantes de s’investir et de proposer des solutions.

Mais après 20 ans d’objectifs non atteints, la Convention sur la Diversité Biologique a beaucoup perdu en crédibilité. Un nouvel élan est donc attendu mais ne sera pas atteint sans questionner les raisons des blocages actuels.

L’un des objectif inscrit dans la CBD est par exemple de cesser tout financement d’actions nuisibles pour la Biodiversité. Si nous respections ce principe nous devrions mettre fin aux énergies fossiles, mettre fin aux subventions destinées aux modèles agricoles intensifs et mettre fin à nos politiques de la ville qui s’entêtent dans l’étalement urbain au détriment de la préservation d’habitats naturels. En somme, mettre fin à un modèle antithétique avec la protection de l’environnement. Et pourquoi nous ne le faisons pas ? Parce que les multinationales s’y opposent en faisant du chantage aux États, parce que nous laissons encore les intérêts économiques d’une minorité gagner. Le rapport de force ne sera jamais favorable à la biodiversité, ni aux classes moyennes et populaires. Au contraire, chaque fois que le libéralisme économique s’impose, c’est au profit d’une infime minorité et c’est au détriment des citoyens et de l’environnement.

Ces considérations signifient une chose : sans répartition des richesses nous ne parviendrons pas à atteindre nos objectifs en matière de biodiversité puisque le rapport de force ne sera pas inversé. Et le même raisonnement s’applique aux objectifs climatiques. Il ne peut y avoir de justice climatique sans justice sociale et surtout sans justice mondiale. Comment imaginer obtenir des efforts des pays en développement alors que nous-mêmes pays développés trainons des pieds et refusons d’accepter notre immense part de responsabilité dans la destruction des écosystèmes mondiaux.

Parvenir à protéger la Biodiversité ne peut que passer par une remise en cause profonde de notre modèle de production mais également de notre modèle géopolitique. Une solidarité internationale doit s’installer pour faire face à un enjeu commun : la destruction des écosystèmes et je continuerai à m’investir pour œuvrer en ce sens.

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