Protéger les citoyens et notre planète, c’est lutter contre le libéralisme et son modèle de production et de consommation


Ce texte fait partie de mon compte-rendu de mandat de député européen à retrouver dans son intégralité ici :

Compte-rendu de mandat de Guillaume Balas, député européen


Synthèse de mon bilan en commission Environnement :


J’ai choisi durant ce mandat d’être membre de la commission environnement, santé publique et sécurité alimentaire au Parlement européen. Ce choix était pour moi une évidence. Le défi climatique est une urgence écologique mais aussi sociale car ses conséquences toucheront en premier lieu les plus vulnérables. De même, dans le domaine de la santé, l’opacité et les différents scandales liés à l’industrie agroalimentaire impactent directement les familles les plus en difficulté. Ce n’est pas acceptable.

Au cours de ces 5 ans au Parlement, j’ai tenté de porter, soutenir et accompagner des initiatives et solutions pour répondre à l’urgence écologique et activer la transition nécessaire. J’ai ainsi marqué mon opposition à cette logique qui méprise la santé de la population au profit d’un système productiviste qui nous enferme dans l’impasse et qui a le soutien de nos Etats.  

CHANGEMENT CLIMATIQUE OU LUTTE CONTRE UN LIBÉRALISME MORTIFÈRE

Un des premiers terrains de cette lutte a été celui des traités commerciaux internationaux qui ont été discutés au Parlement européen ces cinq dernières années à commencer par le CETA (Traité commercial transatlantique avec le Canada) mais plus récemment également contre le JEFTA  (Traité commercial avec le Japon). Ces traités sont dramatiques de conséquences pour l’environnement et pour notre santé : ils alimentent la course effrénée et destructrice en encourageant une production intensive, remettent en cause la souveraineté démocratique des Etats qui pourront être attaqués en justice par les industriels, et mettent en danger la santé des citoyens en affaiblissant les normes qui les protègent.

« Make our earth great again » est un beau slogan mais ni le Président français ni les autres responsables politiques européens n’ont fait pression pour inclure une clause contraignante relative au climat dans ces accords. 

Lutter contre le réchauffement climatique et la destruction de notre planète, c’est rompre avec le modèle néolibéral, productiviste et croissantiste. On voit que les deux sont intimement liés. Prenons le scandale du glyphosate et l’impact délétère des milliers de tonnes de pesticides répandus chaque année. Derrière ce crime environnemental, il y a Monsanto.

En mars dernier j’organisais à ce sujet une exposition photographique au Parlement européen pour dénoncer l’impact de cette firme sur les écosystèmes, la santé des populations et l’impunité dans laquelle elle agit. J’ai d’ailleurs milité pour que la fusion Monsanto-Bayer soit interdite et ai à nouveau demandé lors de l’écriture du rapport de la commission d’enquête du Parlement sur les pesticides, l’interdiction du glyphosate en Europe. 

Lutter contre le réchauffement climatique et la destruction de notre planète, c’est lutter contre le modèle néolibéral productiviste et croissantiste.

Enfin, faire face au défi climatique, c’est aussi lutter contre la destruction sans précédent de la biodiversité, la disparition des oiseaux dans nos campagnes, des poissons, des abeilles et des zones humides, pourtant cruciales pour l’équilibre et la résilience de notre planète. J’ai ainsi demandé que la biodiversité devienne une priorité politique des sommets internationaux mais surtout qu’elle soit prise en compte dans toutes les politiques sectorielles (énergie, l’agriculture…). 

Je me suis enfin opposé de façon récurrente à la mise sur le marché d’OGM résistant au glyphosate compte tenu des dégâts causés par ces derniers sur les écosystèmes. Il faut notamment protéger les zones plus fragiles, particulièrement les océans qui ne résisteront pas si nous persistons à les utiliser comme poubelles. 

TRANSITION ÉCOLOGIQUE POUR UN AVENIR DURABLE

Dès le début de mon mandat j’ai souhaité mettre en avant les solutions et initiatives citoyennes pour parvenir à une transition écologique réussie. Elle se fera avec l’ensemble des acteurs qui doivent dialoguer à l’image de la rencontre que j’avais organisée en 2016 intitulée  « Qu’est-ce qu’on mange ce soir ? » pour parler alimentation et modèle agricole. Celui-ci doit évoluer pour rémunérer de façon juste les agriculteurs et préserver l’environnement et protéger la santé des consommateurs. Sans parler des apiculteurs, pour qui il est vital que notre modèle change.

Parmi les propositions que j’ai défendues : s’assurer que la Directive sur l’utilisation durable des pesticides soit respectée, former les agriculteurs et notamment la nouvelle génération à des pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement ; cesser de subventionner les modèles agricoles polluants et au contraire valoriser les modèles respectueux de l’environnement ; diminuer notre consommation de viande et surtout améliorer les conditions d’élevage. 

En lien avec cette thématique, je me suis engagé sur la deuxième partie de mon mandat pour le bien-être animal et notamment sur le sujet des conditions de vie des animaux d’élevage. Membre de l’intergroupe pour le bien-être animal au Parlement, j’ai notamment soutenu l’initiative citoyenne pour mettre fin à l’élevage d’animaux en cage en Europe. Encore une fois, tout est lié. De telles conditions d’élevage signifient une plus grande pollution, un plus grand usage prophylactique d’antibiotique qui entraîne plus de résistance ensuite aux antimicrobiens et cela se répercute sur notre santé. Notons que les conditions d’élevage décrites sont en grande partie responsables de la résistance aux antibiotiques chez l’homme et cause déjà des milliers de morts chaque année. J’ai d’ailleurs soutenu l’importance de changer de modèle dans le rapport voté pour faire face à la résistance antimicrobienne.

Le modèle productiviste montre bien-là ces limites en ne satisfaisant que le porte-monnaie des actionnaires des multinationales de l’agro-alimentaire et des produits phytopharmaceutiques. 

Initiative #EndTheCageAge organisée par le CIWF en octobre 2018

Permettre la transition vers un modèle durable demande d’être en mesure d’accéder aux informations pour démontrer la dangerosité du modèle actuel. Or, bien souvent, les associations et parties civiles qui s’en chargent éprouvent des difficultés à obtenir les informations auprès des agences de l’Union européenne. Mon combat pour la transition écologique est donc aussi celui de la transparence. J’ai chaque fois amendé en ce sens les différents textes sur lesquels la Commission Envi a travaillé et ai soutenu tout au long de mon mandat le travail des ONGs. 

Le modèle productiviste montre bien-là ces limites en ne satisfaisant que le porte-monnaie des actionnaires des multinationales

SANTÉ : QUID DE NOTRE ENVIRONNEMENT POLLUÉ ? 

L’Europe s’est dotée au fil des années de normes sectorielles, certes parfois lacunaires, mais garantissant un certain niveau de protection de la santé des européens. Or, que ce soit pour les pesticides, pour la pollution de l’air ou pour la mise sur le marché de produits de consommation, la réglementation ne semble pas être appliquée comme elle le devrait. 

Dès lors, garantir que les textes de l’Union européenne soient respectés et surtout utilisés au profit des citoyens est essentiel. J’ai donc mené cette bataille avec mes collègues eurodéputés au long de ces dernières années et notamment au moment de la mise en place de la commission Pesticides. Cette commission spéciale été chargée d’évaluer le processus d’autorisation des produits phyto-pharmaceutiques tel que le glyphosate. J’ai souligné avec force l’importance du respect de la loi mais aussi également l’opportunité d’aller plus loin pour protéger la santé des consommateurs, en proposant notamment l’étiquetage des produits issus de l’utilisation de pesticides ou l’interdiction progressive de l’usage de pesticides chimiques.

La pollution de l’air est également un enjeu de taille lorsqu’il s’agit de la santé des européens. Ne serait-ce qu’en France, la pollution de l’air cause chaque année 48 000 morts et cela pourrait augmenter. En effet, la France comme d’autres pays européens ne respecte pas la Directive européenne sur la qualité de l’air. J’ai donc interpellé la Commission à ce sujet mais ai également soutenu l’adoption d’objectifs contraignant ambitieux de réduction des émissions de CO2 dans un certain nombre de secteur, dont les transports. 

Les pesticides ou la pollution de l’air ont un point commun : contenir des substances perturbatrices endocriniennes. Ces substances très dangereuses notamment pour le développement des enfants, se retrouvent trop souvent dans leurs jouets, contenant alimentaires ou encore leurs vêtements. J’ai interpellé la Commission pour l’adoption d’une stratégie européenne ambitieuse en matière de protection par rapport aux perturbateurs endocriniens. 

Malheureusement, la Commission, assujettie aux lobbys industriels n’a eu de cesse que de repousser toutes avancées en la matière. En parallèle de ces interpellations j’ai notamment proposé que le BPA, perturbateur endocrinien présent dans le plastique, soit interdit dans tous les pays européens. Encore une fois, la Commission s’y est opposée.

Enfin, le bien-être des patients et la reconnaissance des malades a été une préoccupation importante de mon travail. Co-rapporteur de la résolution du Parlement sur le sujet du cannabis médicinal, j’ai œuvré de façon à mettre l’intérêt des patients au centre de ce texte afin qu’ils puissent bénéficier des traitements contre la douleur les plus adaptés à leur pathologie tout en bénéficiant d’un encadrement adéquat des praticiens de santé. 

PROTECTION DES CONSOMMATEURS 

Parmi les dossiers dont je me suis saisi au Parlement, plusieurs concernaient la protection des consommateurs. L’un de mes engagements a été de mettre en avant les défauts de notre marché : étiquetages mensongers, ajout de sucre dans l’alimentation, ajout de nitrites cancérigènes dans les charcuteries, non-respect des conditions d’hygiènes, mise sur le marché de produits présentant des risques pour les données des consommateurs, etc. 

Protéger les consommateurs n’est pas une question de « compétitivité des entreprises », c’est une question de santé publique.

Les affaires Lactalis et Fipronil ont démontré ce que je dénonce avec d’autres collègues députés européens depuis plusieurs années. La délégation croissante des contrôles sanitaires aux parties privées n’est pas la voie que nous devons choisir pour assurer à nos consommateurs un niveau élevé de protection. Et les risques sont là, nous ne parlons pas d’intoxication alimentaire mais de morts, de séquelles graves, de maladies chroniques et de cancers. Protéger les consommateurs n’est pas une question de « compétitivité des entreprises », c’est une question de santé publique. Or, nos gouvernements orientent de plus en plus leurs décisions pour protéger les dividendes de certains au détriment de la santé des citoyens. Je ne cesserai de le dénoncer et d’œuvrer pour y mettre fin.

A la veille d’un vote important au Parlement européen pour lutter contre la pollution plastique, nous avons répondu présent en octobre dernier à l’initiative #breakfreefromplastic organisée par Zero Waste France, Zéro Déchet Strasbourg, Surfrider Foundation Europe et soutenue par de nombreux citoyens.
Print Friendly, PDF & Email

Leave a comment

Your email address will not be published.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.