Cannabis Médicinal : un objectif, le bien-être des patients

La semaine passée, la commission Environnement, santé publique et sécurité alimentaire du Parlement Européen dont je fais partie, a voté une résolution sur l’usage du cannabis médicinal.

Le cannabis médicinal n’a rien à voir avec le cannabis récréatif. En effet, il n’a pas d’effets psychotropes puisqu’il repose principalement sur l’utilisation du CBD. Le CBD étant l’une des cent substances actives qui composent la plante de cannabis. Parmi ces centaines de substances, deux sont les plus actives, le CBD (non psychotrope) et le THC (utilisé à des fins récréatives). L’équilibre entre ces substances permets d’obtenir des produits soit récréatifs soit médicinaux.

Le cadre légal international ainsi qu’entre les États Membres a beaucoup évolué ces dernières années et le Parlement se devait de se saisir du sujet dans l’intérêt des patients. En effet, les vertus du cannabis médicinal sont nombreuses et encore pour la majeure partie à investiguer. Il apparaît notamment que ce type de traitement soulage considérablement les douleurs de patients souffrant de pathologies lourdes telle que la sclérose en plaques, ou étant en chimiothérapie par exemple.

Les applications et modes d’utilisation peuvent être nombreux et tous les États ne reconnaissent pas ces produits de la même façon. C’est pourquoi, de façon à assurer une égalité de traitement des patients face à la douleur, mes collègues eurodéputés et moi-même avons demandé à la Commission européenne de se saisir du sujet. Une régulation harmonisée des produits à base de cannabis médicinal permettrait avant tout de protéger les consommateurs européens, évitant ainsi le recours au marché noir.

Une fois encore, nous avons tenu à rappeler dans notre résolution qu’il ne s’agissait pas de confondre cannabis médicinal et cannabis récréatif.

Nous avons souligné dans ces textes l’importance de financer des programmes de recherche sur ce type de produits afin d’en comprendre l’étendue des vertus thérapeutiques et prioriser les domaines où concentrer la recherche. Le secteur européen est très en retard par rapport à ses concurrents transatlantiques, au détriment de notre tissu économique mais également au détriment des patients qui doivent importer des produits sans toujours pouvoir être sûrs de leur qualité.

Enfin, nous avons insisté sur deux points. D’une part, il est urgent de former le corps médical à ce type de traitement de façon à ce qu’il puisse accompagner au mieux les patients et garantir une égalité d’accès à ces produits dans les différents états membres. D’autre part, nous pensons qu’il est important que les patients disposent du choix de leur mode de traitement : les produits pharmaceutiques ne sont pas l’unique voie possible pour disposer des bénéfices du cannabis médicinal. Comme je le disais, les modes d’administrations (huiles, gélules, …) sont variés et correspondent à différents types de besoins, différents types de douleurs qu’il est nécessaire de prendre en compte. Le traitement doit pouvoir s’ajuster aux patients, le but étant d’améliorer leurs quotidiens et de rendre plus supportables leurs pathologies.

Nous avons donc également interpellé la Commission européenne sur le besoin d’établir des standards pour les produits à base de cannabis médicinal non pharmaceutique afin de protéger la santé des patients européens. Un certain nombre de patients utilisent ces produits pour leurs douleurs ou pathologies chroniques et il est nécessaire de s’assurer que le niveau d’exigence des produits utilisés soit suffisant.

La question orale ainsi que la résolution que nous avons votées en Commission Environnement en cette fin de mois de juin seront à présent portées au vote en session plénière à la rentrée.

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