Charcuterie et additifs nitrés, la Commission doit protéger les consommateurs

La semaine passée, ma collègue eurodéputée Michèle Rivasi et moi-même avons saisi la Commission européenne au sujet d’un enjeu de santé publique majeur : les additifs nitrés . En effet, ces additifs (nitrite de sodium et nitrate de potassium) sont ajoutés dans les charcuteries par des industriels peu soucieux de la santé des consommateurs afin d’accélérer le temps de maturation de la viande et de leur donner une belle couleur rosée. Or, la cancérogénicité indirecte ( l’oxyde nitrique présent dans ces additifs produisant, au contact de la viande, trois types de substances cancérogènes ( les nitrosamines, les nitrosamides, le fer nitrosylé) augmentant le risque du cancer colorectal chez les consommateurs) de ces additifs a été démontrée depuis les années 70.

Nous appelons donc la Commission à  interdire ces additifs nitrés dans les plus brefs délais afin de protéger les consommateurs. C’est chaque année des milliers de cas de cancers colorectaux qui pourraient être évités. D’autant que ces additifs ne sont pas nécessaires pour obtenir des charcuteries de qualité. C’est d’ailleurs un autre enjeu lié à la question de ces additifs : comment protéger nos filières de qualité ? Une fois encore, la question de la santé des consommateurs ne va pas sans une valorisation d’une chaîne agro-alimentaire saine et raisonnée.

Ci-dessous le texte de l’interpellation écrite adressée à la Commission :

Dès les années 1970, les scientifiques signalent la cancérogénicité indirecte des additifs nitrés. Ces additifs, nitrite de sodium et nitrate de potassium, sont ajoutés dans nos charcuteries afin d’accélérer leur processus de production et de leur donner une coloration rosée. Le nitrate et le nitrite ne sont pas directement cancérogènes. Mais, l’oxyde nitrique présent dans ces additifs produit, au contact de la viande, des substances cancérogènes augmentant le risque du cancer colorectal chez les consommateurs . L’argument de l’utilisation de ces additifs pour protéger les denrées du botulisme ne tient pas, des conditions d’hygiène strictes suffisent. Le rapport sur l’utilisation du nitrite remis à la Commission en janvier 20163 énonce clairement que les charcuteries peuvent être fabriquées sans recourir aux additifs nitrés, tout en précisant que les industriels ne sont pas favorables à cette
suppression.
Dans ses rapports de réévaluation des additifs nitrés, l’EFSA ne tient pas compte des effets cancérogènes des métabolites du nitrite pour fixer le « taux maximum de nitrite » présent dans les charcuteries. Au vu de la littérature scientifique étayée sur le sujet, comment la Commission justifie-telle cette approche ? La Commission prévoit-elle de demander dans les plus brefs délais la suppression des additifs nitrés des charcuteries vendues dans l’Union ?

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