Disparition des abeilles : quand les gouvernements prendront-ils enfin la mesure du désastre écologique et humain auquel ils contribuent ?

Aujourd’hui, les apiculteurs se sont mobilisés un peu partout en France pour sonner une nouvelle fois l’alerte : leurs abeilles meurent par centaine. En France, les taux de perte de ruchers atteignent 70% dans certains territoires. En Bretagne par exemple, la perte s’élève à 20 000 ruches sur les 60 000 que compte la région.

Les responsables ? Les pesticides. Avant la mise sur le marché dans les années 1990 des pesticides néonicotinoïdes attaquant le système nerveux central des abeilles, le taux de mortalité de ces dernières après l’hiver était de 5%. Nous pouvons bien admettre que les causes de cette disparition sont multiples : la venue en masse de frelons asiatiques, le varroa, un acarien parasite ou le nosema, ce petit champignon imperceptible qui détruit à terme le système digestif des abeilles, la première cause de mortalité des abeilles n’en reste pas moins l’usage massif de pesticides néonicotinoïdes dans nos champs.

À ce jour, la Commission européenne n’a interdit que 3 des 7 substances néonicotinoïdes reconnues, présumant qu’un usage « raisonné » des pesticides suffit à protéger la biodiversité. C’est faire fi des études scientifiques les plus récentes qui démontrent notamment que même à faible dose, la persistance de ces substances actives dans l’environnement représente un danger. C’est aussi faire fi de l’urgence écologique que cet enjeu représente.

Pourtant, et ce n’est pas faute de le répéter, les abeilles contribuent à la pollinisation de 80% des plantes. Un tiers de notre alimentation dépend de leur labeur quotidien. Sans elles, plus de pommes, plus d’oignons de carottes ou de brocolis… et plus de miel. En France, la production de miel s’effondre chaque année, passant de 32 000 tonnes en 1995 à 10 000 tonnes en 2017. La disparition des abeilles met donc en péril la reproduction du vivant, notre sécurité alimentaire et provoque un désastre à la fois écologique et humain. Combien d’apiculteurs verront encore leur vie dévastée pour satisfaire les multinationales phytopharmaceutiques ? En quoi, nous citoyens, tirons-nous profit de l’utilisation de ces pesticides ?

La protection des abeilles n’est pas une option, c’est une condition sine qua non pour la survie des écosystèmes. Il est donc urgent que les gouvernements cessent de se plier aux lobbys phytopharmaceutiques et prennent enfin des mesures cohérentes pour nous protéger, ainsi que les générations futures.

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