Débat : Sortir des confusions sur l’UE

A l’invitation du réseau Europe Direct qui met en contact la commission européenne et les territoires en France, j’ai pu débattre avec des habitants de Seine et Marne à Melun vendredi 16 février. Un véritable dialogue citoyen s’est engagé sur fond d’interrogations légitimes et multiples sur l’avenir des politiques de l’UE et du cadre européen lui-même. Mais ce qui m’a d’abord frappé ce sont les prises de positions des autres intervenants de ce débat (une représentante de la Commission européenne, et une sénatrice LREM).

Nous sommes en effet au cœur de la confusion actuelle que le lancement des « consultations citoyennes » va accentuer. Les institutions, de nombreux think thank europhiles, et LREM entretiennent une vision assez commune d’une UE qui serait en « renaissance », dynamisée par la sortie de la crise économique, entrainée par la fougue du président Macron selon les observateurs français, une Europe de la paix naviguant sur les mers calmes du libre-échange mondiale. Le vrai problème : le manque de pédagogie et de communication sur les réussites de l’UE. Il y aurait simplement un grand malentendu dans lequel s’engouffrerait les populistes. On retrouve ici le schéma manichéen défendu par le président et En Marche d’un affrontement entre partisan et opposants à l’UE, un schéma qui arrange les libéraux et les populistes. Les légitimes interrogations des citoyens sont renvoyées par les premiers à quelques erreurs de formes de l’UE et pour les autres à des signes irrémédiables de sa nature libérale. Les souverainistes ont une position que je combats mais ils forment un bloc visible et globalement cohérent même si les chemins détournés de certains nous interrogent. Le camp « pro européen » se retrouve face à une OPA du président qui s’appuie sur les défenseurs d’une Europe libérale et tous ceux qui ne la questionnent pas.

La discussion avec les citoyens est heureusement la meilleure façon de sortir de ce débat biaisé et celui à Melun en est l’exemple. Face au projet d’élargissement de l’UE à d’autres pays des Balkans défendu par LREM, j’ai vu ainsi des citoyens inquiets face à une logique qui repousse une nouvelle fois les ambitions fortes d’approfondir l’UE. La fuite en avant vers les accords de libre-échange est aussi un motif d’inquiétude raisonnable de la part d’Européens qui sont de moins en moins dupes des discours libéraux. Il y a donc une voie pour un regard critique, c’est à dire réaliste, sur les sujets européens, une attitude qui refuse les fausses évidences pour faire le bilan de l’état de l’UE et lui proposer une voie de survie.

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