L’avenir de l’UE et de la France se joue aussi dans nos filières technologiques et professionnelles

J’ai été accueilli vendredi 26 janvier par les élèves du lycée Louis Armand situé dans le Val de Marne, une communauté de lycéens, étudiants, professeurs, personnels de plus de 1400 personnes.

Je recevrai un groupe de cet établissement au Parlement prochainement mais je souhaitais aussi visiter leur lieu de travail et échanger avec les autres élèves qui sont mobilisés autour des questions européennes. Intégré au programme « Ecole ambassadrice » du Parlement européen et surtout au programme Erasmus +, le lycée joue à plein la carte européenne et cela m’intéressait de mesurer l’atout que représentent ces politiques de l’UE pour nos établissements. L’intégration des lycées professionnels et des apprentis est un progrès notable de ces programmes, notamment en France où ces filières souffrent encore de stéréotypes négatifs. En venant dans le lycée je voulais enfin mieux connaître des domaines, (électrotechnique, conception de produits industriels, système d’information et numérique, réseaux informatiques…) qui sont au cœur des mutations technologiques actuelles.

Au Lycée Louis Armand j’ai reçu un formidable accueil par des élèves de seconde qui m’ont présenté leur lycée et leur filière. L’un des temps forts fut surtout le passionnant échange avec les professeurs et les élèves de BTS travaillant sur la conception robotique. Cette filière démontre le travail de très haut niveau proposé par nos établissements et son intégration dans des logiques européennes désormais indispensables pour la création de projets et le parcours de formation des étudiants. Par l’intermédiaire d’un groupe de professeurs très investis depuis longtemps dans la montée en gamme technique et technologique, les élèves bénéficient ici d’une ouverture sur les autres pays européens grâce à des outils collaboratifs en ligne. En s’appuyant sur eux, les étudiants peuvent ainsi mettre au point des projets communs, ici avec l’Italie et l’Allemagne au travers du projet Eurlab (https://academy.3ds.com/fr/lab/eurlab) soutenu par le programme Erasmus +.

Alors que certains critiquent la déconnexion de l’enseignement avec le monde de l’entreprise, j’ai pu remarquer à nouveau la volonté des équipes de proposer des outils innovants, en avance même sur une partie des entreprises françaises…Nous avons donc des élèves très bien formés mais qui ont des difficultés ensuite à mettre en application dans certaines entreprises françaises les techniques de pointe apprises à l’école sur des outils logiciels conçus pourtant…en France.

Ils pourront peut-être partir travailler aux États-Unis où les industriels et écoles viennent de faire une formidable mutation pour s’adapter à ces nouveaux instruments de travail qu’ils ont acquis massivement. Cet exemple vient aussi en appui des réflexions faite pendant la présidentielle sur les mutations du travail avec des outils numériques qui viennent percuter des processus de conception et de production du siècle précédent, voire du XIXe siècle. Certains investissent pour prendre en compte ces bouleversements et surtout former leurs étudiants. Ce défi est relevé par de nombreux lycées professionnels français qui essayent, avec des moyens souvent limités, d’y répondre.

Alors que s’annonce une très mystérieuse réforme des bacs pro et qu’on ne nous parle que très peu de l’avenir des bacs technologiques, je reste attentif à ce que l’on ne brise pas ces filières et à ce qu’elles ne deviennent pas le jouet des intérêts court-termistes d’acteurs locaux ou patronaux mais que l’on poursuive l’énorme effort entrepris pour qu’elles soient les moteurs de notre économie actuelle et future. Nous avons la chance d’avoir ces étudiants et élèves. Des élèves curieux avec lesquels  j’ai pu ensuite échanger plus longuement des questions européennes : une heure d’échange rythmée par de nombreuses questions sur mon rôle de député mais aussi sur les problématiques environnementales. Citoyens ou futurs citoyens, beaucoup partageaient la préoccupation d’être mieux informé sur ces enjeux, perturbateurs endocriniens ou OGM par exemple, pour faire des choix démocratiques en pleine conscience. Cette discussion souligne ainsi l’importance pour notre nation de poursuivre conjointement l’effort de formation professionnelle et celle du citoyen.

Print Friendly

Leave a comment

Your email address will not be published.


*