Scandale du lait contaminé : quelle coordination européenne pour protéger les consommateurs ?

Le 1er décembre 2017, après l’hospitalisation de 18 nourrissons,  une alerte sanitaire sur des lots de laits pour bébés Lactalis est lancée en France. En effet, ces lots sont contaminés à la salmonelle, une bactérie à la source d’une grave infection : la salmonellose. Or, Lactalis n’opère le retrait de ces lots du marché Français que le 21 décembre, alors même que la société avait connaissance  de la contamination de l’usine de Craon, à l’origine des lots de laits infectés, depuis plus de 4 mois selon une enquête du Canard enchaîné. Le Ministre de l’économie, Bruno Le Maire a affirmé vendredi dernier que Lactalis allait retirer du marché Français toutes les boîtes de lait fabriquées à Craon, peu importe leur date de fabrication.

Néanmoins, ce scandale illustre bien la défaillance du gouvernement dans la gestion de la crise sanitaire (sur le sujet, voir le communiqué de presse du mouvement Génération.s).

Mais Lactalis exportant ses produits en Europe, c’est 12 autres pays de l’Union Européenne qui pourraient être touchés. Ce nouveau scandale sanitaire, après l’affaire du Fipronil, pose la question de l’efficacité de la coordination européenne pour protéger les consommateurs. C’est pourquoi, avec mon collègue Eric Andrieu, nous avons décidé d’interpeller la Commission européenne en lui adressant plusieurs questions. Tout d’abord : les autorités Françaises l’ont elles informée d’un risque sanitaire au niveau européen et à quelle date ? Dans ce cadre, et après l’alerte lancée en France, quelles actions ont été menées via le Rapid Alert System for Food and Feed (RASFF) ? Ce système permettant à tout moment d’alerter les différentes autorités sanitaires des états membres et de coordonner les éventuelles mesures à prendre, en l’occurrence le retrait des boîtes de lait contaminées du marché européen. Et puis, au vu de la lenteur de la réaction des autorités face à cette situation, il est certain qu’il en résultera une perte de confiance des consommateurs qui impactera toute la filière laitière. Aussi, Eric Andrieu et moi-même avons demandé la mobilisation de l’article 220 du règlement (UE) no 1308/2013, qui prévoit des mesures exceptionnelles de soutien en faveur des acteurs du secteur suite à des perturbations de ce type.

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