Quand c’est non, c’est non ! Position du Mouvement du 1er Juillet sur les violences sexuelles

Depuis quelques jours les réseaux sociaux sont les relais des très nombreuses femmes ayant subi un viol, un harcèlement sexuel ou une agression sexuelle.

La parole ainsi libérée montre l’étendue des dégâts.

Partout, dans l’entreprise, les partis politiques, les associations, au sein des familles, dans la rue, les femmes subissent la violence des hommes incapables d’admettre que sans consentement, aucun acte, aucune parole, aucun geste n’est acceptable.

Le gouvernement vient d’annoncer le dépôt prochain d’un projet de loi contre les violences sexuelles : parmi les propositions, nous pouvons trouver l’allongement du délai de prescription des violences sexuelles faites aux mineurs, la fixation d’un âge minimal en dessous duquel le viol est constitué de fait ou encore la verbalisation du harcèlement de rue. Ce projet de loi constitue un pas en avant supplémentaire nécessaire mais n’est pas suffisant. Toute loi, aussi fondée soit-elle, vaut par la manière dont elle est appliquée. Il faut donc renforcer les moyens de la justice, de la police et ceux des associations spécialisées. Le gouvernement gagnerait à lancer en lien avec celles-ci une grande campagne nationale de prévention et de sensibilisation.

Mais au-delà, c’est toute la société et les mentalités qu’il faut changer en profondeur.

Tant qu’il y aura des hommes pour contester l’égalité totale entre femmes et hommes, tant qu’il y aura des femmes qui choisiront de se désolidariser de leurs camarades victimes, tant que les manuels d’apprentissage continueront de révéler une vision stéréotypée et sexiste de la société, tant que les droits réels ne seront pas identiques pour toutes et tous, les femmes resteront victimes du machisme, du sexisme et finalement des abus sexuels.
Chaque homme est responsable de son attitude et de celles des autres. Être irréprochable vis-à-vis des femmes, c’est cesser de couvrir les uns les autres par atavisme ou par couardise, c’est combattre et dénoncer à chaque instant les propos sexistes et misogynes.

La gravité des situations appelle donc à ce que chacun d’entre nous soit conséquent dans ses actes et dans ses propositions pour permettre aux femmes victimes d’être non seulement protégées mais également armées pour dénoncer des situations de violences et de harcèlements.

Si la bataille culturelle doit être menée au sein de la société, commençons par la mettre en pratique au sein de nos organisations afin que tout abus soit proscrit.

En tant que mouvement politique progressiste, nous prenons nos responsabilités et notre part dans ce combat.

En lien avec les associations spécialisées nous travaillerons à la mise en place de structures telles que les cellules d’écoute et d’accueil pour les victimes, qu’elles soient femmes ou hommes. Nous proposons également de nous doter d’un fonds de solidarité financière pour les accompagner dans leurs démarches soit juridiques, soit d’assistance psychologique. D’autres outils existent et nous veillerons à les intégrer à chaque étape de la construction de notre jeune Mouvement.

Le combat pour l’égalité entre les femmes et les hommes passe aussi par là. Celui-ci est déterminant dans la bataille que nous menons en faveur de la transformation sociale et l’émancipation humaine. Il en va de la responsabilité de tous les hommes et de toutes les femmes du mouvement pour que ce soit respecté.

Une jeune génération a trouvé dans notre mouvement les premiers ressorts de leur engagement pour changer et préparer le monde de demain.

À nous de ne pas les décevoir en nous donnant les moyens d’agir.

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