Glyphosate : derrière la controverse scientifique, le scandale démocratique

L’ONG « Générations Futures » a publié jeudi 14 septembre les résultats exclusifs d’une étude soulignant la présence de glyphosate et de son métabolite, l’AMPA, dans plus de la moitié des échantillons de consommation courante analysés. Les aliments les plus touchés sont les céréales (7 sur 8) ainsi que les légumineuses (7 sur 12).

Alors que la Commission européenne proposera dans quelques semaines de renouveler l’autorisation de cette substance pour 10 ans, le Ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, a affirmé fin août son opposition à cette prolongation. Il s’agit d’une prise de position importante mais non suffisante. Face au poids des lobbies et aux risques sanitaires et environnementaux quils font courir, nous devons urgemment interdire cet herbicide classé cancérogène probable par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) en mars 2015.

Etudes ignorées et sélectionnées pour autoriser et prolonger la vente du glyphosate : les exemples ne manquent pas pour illustrer la controverse scientifique des dernières années mise en scène par la Commission européenne, ses agences et les lobbies de l’industrie chimique. Selon la réglementation européenne, la classification du CIRC aurait exclu de la vente le glyphosate. Malgré cela, la Commission a souhaité prolonger sa présence sur le marché de 14 ans. En juin 2016, elle s’accorde sur un sursis de 18 mois dans l’attente de la publication d’un avis sur la sécurité du glyphosate. Celui-ci est publié le 15 mars 2017 par l’Agence européenne des produits chimiques et nie le risque cancérogène pour l’homme. Peu de temps après, l’ONG Global 2000 montre que 7 des 12 études déjà conduites sur la souris et le rat confirmant le lien entre glyphosate et augmentation de tumeurs ont été ignorées par les agences d’évaluation. Selon les dernières révélations de RMC, une centaine de pages d’un rapport de l’Union européenne concluant à la non dangerosité du glyphosate aurait été copiée d’une étude de Monsanto (!).

En mars 2017, les Monsanto Papers ont révélé les inquiétudes sanitaires que la firme avait eu au sujet de la molécule du glyphosate, principal composant de son produit le plus connu et pierre angulaire de son modèle économique, le Roundup. Elle avait alors commencé une guerre de l’information pour nier tout risque et mener une attaque en règle contre tous ses détracteurs. Invitée à être auditionnée par le Parlement européen dans les semaines à venir, la firme américaine a finalement rejeté l’invitation et n’a pas hésité à attaquer les institutions de l’Union européenne en les qualifiant de populistes.

Ces multinationales et lobbies doivent être mis au pas : lintérêt général des citoyens prime sur leurs intérêts financiers. La société civile continue de se faire entendre sur le sujet : une initiative citoyenne européenne a recueilli plus d’un million de signatures pour interdire le glyphosate (https://stopglyphosate.org/fr/). Si elles veulent retrouver de la crédibilité, les agences et institutions européennes doivent, de toute urgence, être transparentes et protéger en premier lieu la santé des Européens.   En tant qu’élu, garant de la confiance des citoyens dans leurs institutions publiques, de l’intérêt général et de la santé publique, je continuerai mon combat contre le glyphosate en dénonçant les errements de l’industrie chimique pour défendre la santé des citoyens, consommateurs et agriculteurs.

A ce titre, je me rendrai à lAutorité européenne de sécurité des aliments à Parme le 19 et 20 octobre prochain avec une délégation du groupe S&D je ne manquerai pas dexposer mes craintes quant aux potentiels conflits dintérêts dans son processus dévaluation des risques sanitaires.

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