Guillaume Balas « La droite est désormais au pouvoir. Il nous faut donc aujourd’hui rassembler à gauche »[Sud Radio]

Ecoutez l’intégralité de l’interview ci-dessous :

 

Invité du Grand Matin Sud Radio, le député européen (PS) Guillaume Balas, proche de Benoît Hamon, a appelé ce mardi à une nette clarification de la ligne politique du Parti socialiste pour les législatives.

La présidentielle à peine terminée, place aux élections législatives pour un Parti socialiste au bord de l’explosion. Alors que certaines figures, dont Manuel Valls en personne, pourraient se présenter sous l’étiquette de la République en marche pour soutenir Emmanuel Macron, le PS est aujourd’hui entre deux eaux. Député européen proche de Benoît Hamon, Guillaume Balas appelle à une clarification des intentions du parti. « Sur la question de la ligne, il y a aujourd’hui un point majeur qui est de savoir si nous sommes un parti supplétif de la majorité d’Emmanuel Macron ou si nous affirmons ce qui est l’identité du mouvement socialiste, clairement à gauche, avec des alertes maximum sur certains sujets. Je pense notamment à la réforme du code du Travail qui aura lieu par ordonnance dès le mois de juillet et qui étendra à à peu près toutes les sphères d’activité d’une entreprise des accords d’entreprise par dérogation aux accords de branche et de la loi. Cela signifie que les salariés vont être nettement moins protégés, et qu’on aura un code du Travail par entreprise, soit une régression sans précédent pour la protection des salariés dans ce pays. Il faut donc que la ligne soit claire sur ce sujet-là, et elle ne l’est pas aujourd’hui« , a-t-il déclaré au micro de Sud Radio ce mercredi.

« Cazeneuve chef de file, ça n’a été décidé par personne »

Si Bernard Cazeneuve a été « désigné » chez de file du parti pour les législatives, Guillaume Balas s’étonne quelque peu de cette forme de passage en force. « Bernard Cazeneuve chef de file, ça n’a été décidé par personne. Qu’il soit une voix, c’est évident et légitime, mais personne n’en a jamais discuté. Benoît Hamon était candidat à la présidentielle mais il n’a pas forcément vocation à conduire les législatives« , a-t-il précisé. Par ailleurs, certaines propositions chères à Benoît Hamon lors de sa campagne ont visiblement disparu de la plate-forme programmatique du Parti socialiste (reconnaissance du burn-out, revenu universel…), au contraire de certaines mesures « macroniennes » telles que la suppression de la taxe d’habitation. « Je ne suis plus choqué par rien et depuis longtemps, c’est une ligne politique. On voit bien que derrière les discours d’autonomie du PS, il y a en réalité un appel du pied assez pathétique à Emmanuel Macron. Je crois que tout ça, ce sont des jeux absurdes… Cela vient sans doute de Jean-Christophe Cambadélis, puisque c’est lui qui est responsable de ce texte. Sans doute lui a-t-on soufflé quelques phrases dans les oreilles« , commente Guillaume Balas.

« C’est à Mélenchon de faire des gestes »

Interrogé sur l’éventualité de rejoindre les rangs de Jean-Luc Mélenchon, le député européen a rappelé les différences qui séparent encore ce dernier de Benoît Hamon. « Il y a aujourd’hui une identité sociale-démocrate, écologiste, réformiste, qui n’est ni le centre libéral de M. Macron, ni la gauche radicale de M. Mélenchon. Je vois bien que les deux aimeraient bien d’ailleurs écrabouiller cette identité, mais c’est la seule qui, à gauche, a fait l’articulation entre les volontés de transformation sociale et la gestion gouvernementale« , a-t-il expliqué, tout en ne fermant pas la porte à une alliance future. « Mélenchon étant arrivé premier au premier tour de la présidentielle, c’est à lui de faire des gestes. Mais l’union, ce n’est pas la confusion : on peut être allié tout en étant différent et garder sa propre identité« , a-t-il conclu.

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