Appel du Progressive Caucus: « Cessez de détruire la Grèce! »

Avec 51 collègues du Progressive Caucus,  j’ai cosigné un appel de solidarité avec la Grèce alors que se réunissait aujourd’hui, vendredi 7 avril, l’Eurogroupe pour examiner le programme d’ajustement économique grec. Nous y affirmons la nécessité d’une solidarité commune entre les Etats membres et d’une solution viable pour la Grèce afin d’assurer la pérennité du projet européen. L’appel est disponible en français ci-dessous ainsi qu’au lien suivant en anglais: http://www.progressivecaucus.eu/solidarity-statement-stop-damaging-greece/

 

 « Cessez de détruire la Grèce! »

Lors du prochain Eurogroupe, vendredi 7 avril, les ministres des finances de l’Eurozone seront amenés à réexaminer le programme d’ajustement économique grec.

Les institutions comme le FMI, la BCE et la Commission Européenne demandent aujourd’hui à la Grèce de mettre en place de nouvelles réductions concernant le seuil de non taxation, les retraites ainsi qu’une plus grande libéralisation du marché du travail. Alors que certaines voix s’élèvent pour dire que la Grèce est sortie de la crise, il est donc clair que le pays est toujours tenu en otage par le dogme de l’austérité.

Tandis que les dépenses publiques ont été réduites de 31% entre 2009 et 2014[1], plus d’un grec sur 3 (37,5%) est toujours menacé par la pauvreté et l’exclusion sociale. Le taux de chômage, lui, est de 23% soit le plus élevé dans l’Eurozone[2]. Malgré cette situation sociale catastrophique, le FMI et certains Etats membres demandent toujours plus de réductions des dépenses publiques.

Considérant le système de retraite grec comme trop généreux, ils ne cessent de réclamer une diminution du niveau des retraites. En réalité, les personnes âgées en Grèce sont dans une situation beaucoup plus déplorable que n’importe où ailleurs en Europe.  43% des retraités reçoivent moins de 660 euros par mois, tandis que le revenu annuel par habitant des plus de 65 ans est de 9000 euros comparé à 20 000 dans le reste de l’Eurozone.

Le gouvernement grec est contraint d’accepter un démantèlement complet de son système de conventions collectives ; de plus certains principes qui régissent le droit du travail sont directement menacés. Ces démantèlements sont en fait actés par le FMI et d’autres institutions, comme la Banque centrale européenne, qui agissent au-delà de leur mandat. A l’instar de la Commission Européenne, qui l’a souvent souligné, ces agissements vont totalement à l’encontre des droits sociaux fondamentaux européens. Ironiquement, tandis que l’on reproche habituellement à la Grèce de ne pas suivre les règles économiques, on lui demande aujourd’hui d’aller à l’encontre des règles européennes, cette fois-ci en matière sociale.

Au-delà de la question légale et normative, le message politique envoyé est dangereux: il s’agit d’une Europe qui impose à un de ses Etats membres une dérogation arbitraire en matière de droits sociaux. Cette dérogation qui n’a, in fine, aucun effet, hormis, renforcer la déception des citoyens européens à l’égard des institutions européennes contribue à désintégrer l’Europe à un moment où elle doit faire face à une contestation généralisée.

Nous affirmons que l’Europe doit sortir de la spirale austéritaire et se battre pour un allégement de la dette grecque qui permettra au pays de retrouver le chemin d’une croissance durable et inclusive.

Les résultats concrets des sacrifices déjà entrepris par les Grecs sont menacés en raison de ces retards répétés, fruits des différends entre créanciers. C’est alors l’environnement économique et politique de la Grèce, d’abord, mais également de toute l’Eurozone, qui est entièrement menacé.

Nous devons désormais avoir le courage de dire qu’il est dans l’intérêt de tous d’instaurer une réelle solidarité entre tous les Etats Membres afin d’assurer la pérennité du projet européen. C’est à ce prix que nous pourrons envisager un futur commun.

 

Les 52 députés signataires sont :

Marina Albiol Guzman (GUE/NGL, Espagne), Martina Anderson (GUE/NGL, Irlande), Lucy Anderson (S&D, Royaume-Uni), Eric Andrieu (S&D, France), Guillaume Balas (S&D, France), Hugues Bayet (S&D, Belgique), Lynn Boylan (GUE/NGL, Irlande), Matt Carthy (GUE/NGL, Irlande), Nessa Childers (S&D, Irlande), Kostas Chrysogonos (GUE/NGL, Grèce), Sergio Cofferati (S&D, Italie), Javier Couso (GUE /NGL,Espagne), Karima Delli (Greens/EFA, France), Pascal Durand (Greens/EFA, France), Cornelia Ernest (GUE/NGL, Allemagne), Ismail Ertug (S&D, Allemagne), Ana Gomes (S&D, Portugal), Sylvie Guillaume (S&D, France), Yannick Jadot (Greens/EFA, France), Eva Joly (Greens/EFA, France), Agnes Jongerius (S&D, Pays-Bas), Ska Keller (Greens/EFA, Allemagne), Dietmar Köster (S&D, Allemagne), Stelios Kouloglou (GUE/NGL, Grèce), Kostadinka Kuneva (GUE/NGL, Grèce), Patrick Le Hyaric (GUE/NGL, France), Paloma Lopez (GUE/NGL, Espagne), Curzio Maltese (GUE/NGL, Italie), Florent Marcellesi (Greens/EFA, Espagne), Edouard Martin (S&D, France), Marisa Matias (GUE/NGL, Portugal), Emmanuel Maurel (S&D, France), Liadh Ni Riada (GUE/NGL, Irlande), Dimitrios Papadimoulis (GUE/NGL, Grèce), Georgi Pirinski (S&D, Bulgarie), Christine Revault d’Allonnes Bonnefoy (S&D, France), Michèle Rivasi (Greens/EFA, France), Virginie Rozière (S&D, France), Lola Sanchez (GUE/NGL, Espagne), Elly Schlein (S&D, Italie), Molly Scott Cato (Greens/EFA, Royaume-Uni), Lidia Senra (GUE/NGL, Espagne), Barbara Spinelli (GUE/NGL, Italie), Bart Staes (Greens/EFA, Belgique), Marc Tarabella (S&D, Belgique), Josep-Maria Terricabras (Greens/EFA, Espagne), Isabelle Thomas (S&D, France), Ernest Urtasun (Greens/EFA, Espagne), Ángela Vallina (GUE /NGL, Espagne), Monika Vana (Greens/EFA, Austriche), Marie-Christine Vergiat (GUE/NGL, France), Julie Ward (S&D, Royaume-Uni).

[1] Données de l’Eurostat

[2] Le taux moyen pour l’Europe des 28 est resté à 23,7% entre 2008 et 2016. (ELSTAT data)

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