Les enjeux de la défense européenne à la Maison de l’Europe

 

J’ai été invité mardi 31 janvier à la Maison de l’Europe de Paris pour débattre des questions de défense européenne et présenter les propositions du candidat à la présidentielle Benoit Hamon sur ce sujet crucial. Ce débat s’inscrit dans un cycle de conférences/débats organisés par la Maison de l’Europe de Paris sur les enjeux de la présidentielle qui se poursuit le mardi 28 février par une présentation des programmes sur les questions environnementales.

Avant de laisser place à une discussion avec le public, j’ai pu ainsi débattre avec Manuel BOMPARD, directeur de campagne de Jean-Luc MELENCHON, Danielle AUROI, Présidente de la commission des affaires européennes à l’Assemblée Nationale et représentante de Yannick JADOT pour Europe Écologie / Les Verts, Alain CADEC, député européen et représentant de François Fillon pour Les Républicains ; Jean-Pierre MASSERET, ancien secrétaire d’État à la Défense et représentant d’Emmanuel MACRON pour le mouvement En Marche !  Le débat était animé par Nicole GNESOTTO, professeur titulaire de la chaire sur l’Union européenne, Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM).

Le paisible château de cartes de la défense européenne est soumis aux vents d’une histoire qui s’écrit aux Etats-Unis, en Chine, en Afrique, au Moyen-Orient…L’UE, qui s’était installée dans l’ombre du parapluie américain, découvre sa solitude dans un monde où ses intérêts rentrent directement en confrontation avec des puissances mondiales ou régionales, anciennes et émergentes. Dire cela revient à simplement résumer la base du fonctionnement des relations internationales : c’est presque à ce point de départ que se trouve l’UE en matière de Défense et de politique extérieure commune. Cette prise de conscience est brutale et elle se fait dans un contexte déjà menaçant, particulièrement sur nos marges à l’image des difficultés actuelles de la Turquie ou de l’Ukraine.

Un des outils essentiels reste la constitution d’une défense commune mais là aussi la situation est rendue difficile par les évolutions récentes et en premier lieu par le Brexit. Il affaiblit directement les capacités militaires d’une Europe où seule la France dispose d’un outil militaire conséquent, notamment dans ses capacités de projection. On peut saluer l’effort actuel de l’Allemagne pour jouer pleinement son rôle dans la Défense européenne mais ces initiatives restent du seul ressort de chaque Etat sans discussions avec les autres, limitant fortement la mise en place d’un dispositif commun et donc efficace. Il ne faut pas tomber dans l’illusion simpliste et finalement stérile qu’il ’y aura un grand traité de défense européenne qui règlera le problème. Cela se fera  par un ensemble de convergences progressives sur les matériels, les coordinations entre nos forces militaires, le partage de nos ressources en termes de renseignements. La France peut jouer un rôle majeur dans ces convergences nécessaires et surtout elle peut permettre à l’UE de construire un rapport au monde s’appuyant sur nos multiples relais dans tous les continents. Ces liens que la France a tissé dans le monde, par exemple au travers des Alliances françaises, démontre aussi que l’UE doit, en plus de l’appareil militaire, développer un véritable soft power. Il est indispensable à la construction d’une influence européenne à l’échelle mondiale, surtout il pose les contours d’une souveraineté qui ne soit plus seulement une question de frontières et de forces militaires. Les Etats-Unis, la Russie et la Chine sont déjà fortement engagés sur ce terrains dont l’UE est totalement absente, et donc en situation de faiblesse.

J’ai aussi rappelé que pour Benoit Hamon cette problématique de la défense et de la politique extérieure commune était liée à d’autres questions clefs pour le destin de l’Europe et pour les conditions de vie de ses citoyens. Ainsi, la constitution d’une Europe de l’énergie est aussi une réponse aux défis géopolitiques que pose la montée en puissance de la Russie et les lourdes problématiques du Moyen-Orient.

Souvent négligés, ces sujets sont pourtant au cœur d’un futur désirable qui doit s’appuyer sur une Europe forte capable de prendre la mesure des changements liés à la mondialisation et des évolutions qu’elle connait actuellement. Au niveau militaire, diplomatique mais aussi économique l’Europe que Benoît Hamon veut construire, est celle d’une zone ouverte sur le monde mais qui sait construire des rapports de forces favorisant un modèle démocratique, écologique et de justice sociale.

 

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