Travailleurs détachés : la réforme de la directive de 1996 divise l’Europe [Public Sénat]

Le 10 novembre dernier, j’ai participé à l’émission Europe Hebdo de Public Sénat avec ma collègue Élisabeth Morin-Chartier, députée européenne et rapporteure du projet de directive sur le travail détaché, et Nicolas Gros, journaliste, éditeur du blog « Bruxelles2 ». Je vous invite à revisionner cette emission qui est revenue sur les enjeux de la revision de la directive de 1996 des travailleurs détachés.

La Commission européenne veut réformer la directive de 1996 qui encadre le travail détaché. Son but : imposer un salaire égal pour un travail identique. Sur ce point divergent en apparence les pays d’Europe de l’Ouest, favorables à cette réforme par le haut, et pays de l’Est. En réalité, les positions sont plus complexes. Éclairage dans Europe Hebdo avec Élisabeth Morin-Chartier, députée européenne et rapporteure du projet de directive sur le travail détaché, Guillaume Balas, également eurodéputé, et Nicolas Gros, journaliste, éditeur du blog « Bruxelles2 ».

En juillet dernier, Manuel Valls menaçait de ne plus appliquer la directive de 1996 si elle n’était pas réformée. Cela ne serait qu’une position de principe, selon Nicolas Gros, qui explique que « Valls nous fait un numéro je suis fort et vous allez voir ce que je vais faire. Il va s’écraser et baisser son slip parce que la vraie raison, c’est que combien de français sont travailleurs détachés et bénéficient de cette directive ? C’est le troisième pays bénéficiant de cette directive ».

Même au sein des pays de l’Est, les positions sont nuancées, selon Guillaume Balas : « Il faut éviter de penser que les pays de l’Est sont un bloc. Aujourd’hui même, des syndicalistes polonais, dont Solidarnosc, sont pour la révision de la directive. C’est le cas en République Tchèque, c’est le cas en Slovaquie. Les travailleurs demandent la révision de la directive car ils en ont marre d’être dans des boulots d’esclavage moderne ».

Un avis que partage Élisabeth Morin-Chartier : « Même des pays comme la Pologne, qui sont situés à l’est de l’Europe, commencent eux aussi à avoir une concurrence déloyale de travailleurs qui viennent de l’autre côté des frontières de l’Europe, qui viennent d’Ukraine, et qui viennent à moindre coup offrir leurs services en travailleurs détachés dans des pays qui sont, eux, fournisseurs de travailleurs détachés ailleurs ».

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