Rencontre et échange avec un groupe de la « Garantie Jeunes »

Suite à une première rencontre l’année dernière avec un groupe encadré par la Mission Locale de Paris, j’ai eu l’opportunité de revenir débattre avec des jeunes femmes et hommes intégrés au dispositif « Garantie Jeunes ». Pour rappel, cette initiative « d’inclusion sociale » prise par l’UE et mise en œuvre par les Etats, vise à reconstruire un parcours de formation et un accès à l’emploi pour des populations jeunes, de moins de 25 ans, mais éloignées depuis 4 mois d’un travail ou d’une formation. Je vous invite à relire un article de ce blog  plus complet sur le sujet : http://www.guillaumebalas.eu/2016/03/31/garantie-jeunesse-ou-garantie-jeunes-un-programme-europeen-une-amplification-francaise/  Depuis le début de mon mandat je m’investis particulièrement sur cette question car elle démontre à la fois le rôle majeur que peut jouer l’UE en terme de politique de l’emploi et elle vise un public menacé de plus en plus d’exclusion sociale et de marginalisation politique.

J’ai souhaité maintenir un lien avec la Mission locale de Paris pour suivre leur travail difficile mais essentiel auprès de publics souvent confrontés à des situations personnelles complexes. L’échange de l’année dernière m’avait beaucoup marqué car il démontrait d’abord l’importance pour les élus de venir analyser avec les encadrants et les bénéficiaires de ce programme les politiques que nous votons aux Parlements de Bruxelles et de Strasbourg. Mais, peut-être encore plus que d’habitude, j’ai été frappé par la richesse de la confrontation d’idées et d’expériences que suscitent ces échanges.

J’ai retrouvé une volonté de débattre avec le groupe que j’ai rencontré vendredi 18 novembre, un groupe très différent du premier mais avec lequel l’échange fut tout autant constructif et riche d’enseignements pour moi. J’ai d’abord rappelé mon rôle et les questions européennes sur lesquelles je travaille plus particulièrement. Mais nous avons mis un moment à briser une sorte de défiance vis-à-vis de cette fonction et plus encore de son impact. J’ai ainsi été beaucoup interrogé sur la faiblesse ou l’imposture que pouvait représenter la fonction politique/parlementaire face aux puissances financières dans une démocratie perçue comme creuse, vide de sens et d’efficacité pour contrebalancer les inégalités. Par la suite, notre discussion a évolué en abordant directement les formes d’exclusion, de rejet que certains mettaient en avant pour dénoncer les failles d’institutions très éloignées de leurs problématiques : relation avec la police, difficulté pour accéder au permis…Là aussi la discussion fut intéressante car il ne s’agissait pas pour ceux qui s’exprimaient, de remettre en cause les institutions elles-mêmes mais de les faire évoluer. Ainsi vis-à-vis des forces de sécurité, il n’y avait pas de remise en cause de leur rôle fondamental ni de valorisation de zones de « non-droit » mais une volonté très forte de construire une nouvelle relation population/forces de sécurité qui ne passe pas seulement par des contrôles d’identité récurrents effectués souvent par des policiers eux-mêmes peu soutenus dans les quartiers difficiles. Le débat a dépassé aussi les questions nationales avec une réflexion collective sur les rapports de richesse en Europe et dans le monde avec là aussi une conscience aigüe des rapports de forces et des absurdités d’un système économique qui construit des inégalités et les valorise comme le miroir des qualités et des capacités des individus.

Cet échange fut important car à l’heure où beaucoup parlent de la monté du populisme, où des pans entiers de notre population affirment leur rejet ou leur indifférence plus ou moins polie par rapport aux institutions républicaines, il est d’autant plus nécessaire d’aller débattre et réfléchir collectivement J’ai été heureux de pouvoir prolonger cet échange avec ces jeunes lors de la dernière session parlementaire à Strasbourg: je reviens sur son contenu et ses enjeux dans la video ci-dessous.

 

« J’ai créé un partenariat avec la mission locale de Paris qui a un dispositif financé par l’Union européenne, appelé la Garantie Jeune. Celle-ci a pour objectif la réinsertion dans des dispositifs d’apprentissage de jeunes en grande difficulté d’insertion sociale. J’ai été frappé par la radicalité, la colère parfois, de ces jeunes par rapport à la société telle qu’elle existe et vis-à-vis des politiques.

L’échange n’a pas été facile au début mais il s’est approfondi par la suite. Il y a un besoin immense de parole, d’action sociale, de reconnaissance et d’intervention démocratique. Ces jeunes sont en galère et pourtant, ils veulent parler, décider. Ils veulent savoir si nous, politiques, leurs représentants, nous les considérons. Je pense qu’il est très important que les décideurs politiques prennent ce sujet à bras le corps en votant ces dispositifs mais également en allant voir ces jeunes et en discutant avec eux. Aujourd’hui, cela est très important : nous le savons bien, des formes de radicalité peuvent les attirer. À nous de les combattre : non seulement par les mots mais également par les faits en discutant et en décidant avec eux. »

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