Libre-échange : nous devons sortir d’un non-sens idéologique morbide

Nous avons voté aujourd’hui, au Parlement européen, une résolution importante portant sur la défense de l’industrie européenne. En effet, le libre-échange généralisé nous menace et nous savons qu’il nous faut protéger nos industries : soit parce qu’elles sont essentielles pour l’Europe, soit parce qu’elles sont naissantes et donc fragiles. D’ailleurs toutes les zones économiques du monde le font ; les États-Unis en premier lieu mais la Chine également. Pourtant, l’UE a décidé depuis longtemps de ne pas mettre de barrières, voire de les enlever les unes après les autres. Pour ces raisons, le texte voté aujourd’hui est important.

Il est désormais nécessaire d’avoir un large débat sur le libre-échange, cette idée que les entreprises pourraient acheter et vendre où elles veulent sans aucun contrôle de personne, surtout pas des peuples et de leurs représentants élus. C’est une importante perte de pouvoir démocratique. De ce point de vue, une bataille est en train d’être gagnée contre le Traité transatlantique. Bien que la Commission européenne souhaite continuer à négocier, la France s’est dite opposée à ce traité.

Néanmoins, il reste un très gros sujet qui est l’urgence d’aujourd’hui. C’est le traité UE-Canada. Il est quasiment identique à celui pensé avec les États-Unis. Il risque d’être signé dans les semaines à venir par le Conseil puis approuvé par le Parlement européen. Il pourra alors s’appliquer à 95% quoi qu’en pensent les parlements nationaux. Si cela devait arriver, des études montrent que 50 000 emplois pourraient disparaître en France. Nous importerions de la viande de bœuf alors que nous sommes aujourd’hui saturés en termes de production. Tout cela est un non-sens. Non-sens écologique également puisque nous importerions du pétrole qui viendrait des sables bitumineux canadiens. Nous appelons aujourd’hui à ce que l’Europe se reprenne. Qu’elle arrête d’être la grande naïve du monde. Qu’elle arrête de croire que le libre-échange est aujourd’hui une nécessité absolue quand toutes les zones se protègent. Nous devons sortir aujourd’hui de cette idéologie morbide qui plonge le continent dans la crise et redonner à l’Europe la capacité de se protéger commercialement mais également de protéger ses salariés.

Print Friendly

Leave a comment

Your email address will not be published.


*


Visit Us On TwitterVisit Us On FacebookVisit Us On YoutubeCheck Our Feed