Débat à la Maison de l’Europe à l’invitation de l’Institut de la Gestion Publique et du Développement Economique

Le 29 septembre dernier, j’ai été invité par l’Institut de la Gestion Publique et du Développement Économique (IGPDE) afin de participer à la table ronde consacré au modèle social adapté pour une croissance durable et au plein emploi en Europe. La question sociale a trop souvent été délaissée en Europe au profit de la seule dimension économique du marché intérieur. C’est un grave erreur, car les divergences économiques entre Etats membres ainsi que les inégalités sociales n’ont jamais été aussi flagrantes, menaçant clairement la cohésion du projet européen.

La Commission de la « dernière chance » telle que décrite par le Président de la Commission, Jean-Claude Juncker, tient certes un discours plus volontariste que la précédente sur le renforcement de la dimension sociale de l’Union : Monsieur Barroso et consorts savaient en effet se montrer particulièrement à l’écoute des grands groupes financiers et industriels… En revanche, les propositions concrètes tardent à venir : ainsi, Jean-Claude Juncker annonçait en septembre 2015 l’élaboration d’un pilier européen des droits sociaux ; or en mars dernier, seule une communication de la communication voyait le jour, avec une consultation qui devrait se dérouler jusqu’au printemps prochain. Surtout, le pilier européen des droits sociaux n’est pas conçu par la Commission comme un socle de base de droits sociaux classiques et ne prend donc pas le chemin de la nécessaire convergence sociale entre Etats membres de l’Union.

Le Parlement européen est en train d’élaborer sa propre position à travers un rapport réalisé sous l’égide de la Vice-Présidente du groupe socialiste Maria Joao Rodrigues.

Les mesures qui y figurent me semblent aller dans le bon sens et dépasser jusqu’à présent les idées généreuses et les quelques bonnes intentions de la Commission.

Y figurent ainsi plusieurs propositions essentielles : un cadre européen pour les revenus de base et la création possible d’un compte personnel d’activité permettant de réunir l’ensemble des droits sociaux auxquels les Européens pourraient prétendre ; renforcement de la garantie jeunesse, convergence sociale à travers l’instauration d’un salaire minimum dans chacun des Etats membres de l’Union, budget de la zone euro…

À l’image des préconisations contenues dans le rapport consacré au dumping social en Europe dont j’avais la charge au Parlement européen, il nous faut sans plus tarder donner corps à ce pilier social sous peine de voir l’Europe se désagréger sous le poids des égoïsmes nationaux et des attaques portées par les nationalistes.

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