Rencontre avec les « ambassadeurs de l’UE » des lycées professionnels d’Ile-de-France

Le Parlement européen et les responsables de son Bureau d’information à Paris ont lancé cette année un programme pour renforcer les liens entre une institution européenne souvent peu connue et des élèves des lycées professionnels en Ile de France. J’ai été sollicité pour aller débattre avec les élèves, leur remettre un diplôme « d’ambassadeur junior » et dévoiler une plaque qui marque ce partenariat. Je soutien un tel programme qui s’adresse à des scolaires mais surtout à des publics souvent délaissés pour de telles initiatives et que l’on estime, avec un grand mépris, trop éloignés des problématiques européennes. Il s’inscrit dans une salutaire prise de conscience des représentants institutionnels et des associations « europhiles », du fossé avec une jeunesse qui ne baigne pas dans la mondialisation heureuse, et expérimente peu cette mobilité érigée en vitrine de l’UE. Le programme « Forg’Europe » du Parlement européen des jeunes met en place un suivi sur une année avec un établissement situé en zone difficile, celui des ambassadeurs juniors du Bureau du Parlement, ou la mise en place d’ « Erasmus + ».

C’est donc avec grand plaisir que je suis allé au lycée professionnel Lino Ventura d’Ozoir-la-Ferrière en mai, puis au lycée Jean Macé à Choisy-le-Roi début juin. J’ai été accueilli par des chefs d’établissement et surtout des équipes d’enseignants dynamiques avec une forte volonté de valoriser le parcours européen de leurs élèves et leur ouverture sur le monde. Lors de ces deux visites j’ai commencé par débattre avec les élèves, ceux de 1ère et seconde Bac pro Gestion-Administration de Choisy et ceux de Terminale et Première Commerce et vente d’Ozoir, une partie de ces des élèves étant dans des sections « euro-anglais ».

En préambule je leur ai rappelé le rôle important de leur génération et sa nécessaire mobilisation pour défendre leurs intérêts dans un pays et un continent de plus en plus vieillissants. Je me suis aussi permis de revenir sur le rôle majeur quoiqu’invisible à leurs yeux de l’UE dans leur vie quotidienne, et la nécessité de s’informer, voire de prendre position ou d’interpeler leur député. Nous avons surtout débattu des crises actuelles que traverse l’UE et qui interrogent sa construction ou son existence même. La question des migrants est beaucoup revenue dans les interventions. Elle renvoie à la fois à des désaccords profonds, certains culturels tout autant que politiques, sur la définition de l’espace européen et de nos objectifs communs. Ces divisions se sont traduites par des ruptures inédites des accords entre pays de l’UE (répartition des migrants) et l’aveuglement de ces mêmes États face aux bouleversements du monde où les flux migratoires ne vont cesser de s’amplifier. Les élèves s’inquiétaient aussi du sort de l’Europe après le Brexit, inquiétude confirmée par la suite des évènements et amplifiée peut-être depuis par le manque de solutions en faveur d’une relance du projet européen. Comme d’autres j’ai rappelé mon engagement en faveur d’un Europe plus intégrée avec les pays volontaires qui se mettent d’accord sur une harmonisation sociale et fiscale, un projet qui attends toujours une impulsion décisive.

Ces discussions ont été suivies de la remise de diplômes aux élèves impliqués dans le projet, moment fort marqué à Ozoir par un petit concert de saxo sur le thème de l’hymne européen par un élève de la classe. Enfin les plaques furent dévoilées avec les chefs d’établissement pour affirmer ce lien avec l’UE, un lien qui doit être politique avec un débat sur les choix décisifs qui sont devant nous. Bravo encore à tous ceux engagés dans ce projet. C’est avec plaisir que je poursuivrai ce travail avec les établissements scolaires volontaires dès la rentrée.

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