Cacophonie sur le Roundup !

La Commission européenne vient de prolonger pour 18 mois la licence du Glyphosate (Roundup).

Elle a prise seule cette décision car le Conseil (la réunion des 28 États Européens) n’a pas pu se mettre d’accord a une majorité dite qualifiée (la majorité qualifiée est atteinte si elle regroupe au moins 55% des États membres représentant au moins 65% de la population européenne). Au Conseil donc, la France et Malte ont voté contre cette décision et sept autres pays se sont abstenus (Allemagne, Italie, Portugal, Autriche, Luxembourg, Grèce, Bulgarie). Il n’y a donc pas eu de majorité qualifiée pour prolonger l’autorisation de ce produit. La Commission a donc décidé seule de cette prolongation. Elle souhaite visiblement éviter une interdiction immédiate, considérant que les agriculteurs européens n’ont pas d’alternatives à l’utilisation de cet herbicide. La Commission limite néanmoins l’usage du Roundup dans les parcs et les jardins publics, ce qui constitue un aveu manifeste de la dangerosité du produit.

Au-delà de ce cas d’école institutionnel, se joue ici une bataille d’experts avec pour toile de fond la crédibilité scientifique des agences en charge d’éclairer les élus. D’un côté l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime « probable » le risque cancérogène de cet herbicide pour l’homme, de l’autre l’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) juge ce risque cancérogène « improbable ». Tout est ici question de transparence et de méthodologie. Or l’EFSA ne rend pas publique l’ensemble de ses études dont il est à craindre qu’elles soient en partie élaborées avec des experts en lien avec l’industrie. Dès lors sa parole est décrédibilisée. La Commission propose donc qu’un troisième avis scientifique soit rendu par une troisième agence : l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA), elle a 18 mois pour rendre sa copie.

Dans l’intervalle, c’est la confiance des citoyens qui s’abime. C’est la santé de tous, et des agriculteurs en particulier, qui peut être mise en danger. C’est une perte de temps qui mine la mise en place d’un modèle alternatif moins dépendant de la chimie. Et c’est évidemment Monsanto qui prospère à tel point que Bayer a fait une proposition de rachat pour 62 milliards de dollars.

Nous, élus, sommes garants de la confiance des citoyens dans leurs institutions publiques. Nous sommes garants de l’intérêt général et de la santé publique. Nous sommes garants de la santé des agriculteurs et de la confiance des citoyens dans leur alimentation. À ce titre, la glyphosate doit être interdit en mettant la pression, non pas sur nos agriculteurs, mais sur l’industrie chimique afin que cesse cette prise en otage de toute alternative crédible au « tout pesticides ».

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