Substances chimiques, santé publique : la lutte s’organise contre les perturbateurs endocriniens

Qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien ? Ce terme générique désigne une substance chimique, créée par l’homme, et qui est capable d’interagir avec les hormones : on peut citer les pesticides, les plastiques, tel que le bisphénol, les OGM, les métaux lourds. Ils sont suspectés d’être à l’origine de bien des maux : infertilité masculine, malformations génitales, puberté précoce, survenue de certains cancers hormono-dépendants.

Dans le combat qui oppose le Parlement européen à la Commission Européenne pour interdire ces perturbateurs endocriniens, nous sommes passés à une étape supérieure. Condamnée par la Cour de Justice de l’Union Européenne pour son inaction, la Commission a louvoyé sur le sujet depuis 2013. À présent, et sous réserve des annonces que fera la Commission le 15 juin prochain, le Parlement européen s’est clairement exprimé sur les suites judiciaires à donner, et son droit de déposer un nouveau recours devant la Cour de Justice de l’Union européenne contre la Commission européenne si cette dernière n’agit pas dans les deux prochains mois.

La pression se resserre sur un sujet qui touche à l’intégrité physique de certains de nos concitoyens et qui voit s’opposer l’intérêt général à certains intérêts particuliers puissants et organisés.

Là encore nous ne faiblirons pas devant ce qui s’annonce comme un problème de santé publique majeur. Il ne peut, en aucun cas, être toléré que l’Europe, via la Commission, ne soit pas perçue comme protectrice des citoyens européens, mais suspectée d’organiser des écrans de fumée afin de protéger les intérêts de son industrie chimique. C’est au Parlement européen, instance la plus démocratique de l’Union et élue directement, qu’il revient de jouer son rôle afin d’apporter le plus de transparence et de démocratie dans l’Union.  Notons au passage que la Commission fait preuve de bien plus de célérité quand il s’agit d’imposer des normes d’austérité budgétaire que lorsqu’il s’agit de défendre des normes protectrices et écologiques.

Ce sujet est à mettre dans le contexte de l’offre d’achat faite par Bayer sur Monsanto. L’achèvement d’un oligopole réduit à deux ou trois multinationales s’appropriant l’ensemble du cycle « semences génétiquement modifiées – engrais – pesticides » est un risque majeur pour notre santé et notre souveraineté. L’asservissement qui vient, celui de nos agriculteurs et de notre industrie agro-alimentaire envers l’hyperpuissance agrochimique, est un des dangers majeurs à venir. Imaginons un seul instant la mise en place de cours arbitrales privées telles que prévues par le traité Transatlantique (TTIP ou TAFTA) et la dissymétrie des moyens juridiques qui en résulterait entre petits et grands, entre États potentiellement vulnérables et multinationales ayant achevé la mise au pas d’un système.

 

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