Rencontre avec Terre de Liens

J’ai souhaité rencontrer au mois de mai dernier des responsables de « Terres de Liens » pour qu’ils m’expliquent leur démarche et que l’on discute ensemble de leurs prises de position sur les dossiers européens.

La rencontre a commencé donc par une présentation de leur structure, originale dans le paysage agricole français. Leur objectif à terme est de participer à un vaste mouvement permettant de sortir la terre de la spéculation et d’en refaire un outil ouvert à tous.

Pour passer des paroles aux actes, Terre de Liens s’est dotée d’un bras financier en mettant en place « La Foncière », un fonds d’épargne solidaire. Avec l’argent recueilli par ce fonds, Terre de liens rachète des terres puis aide de jeunes agriculteurs à s’installer sur les terres acquises. La deuxième spécificité est que la production de ces exploitations s’inscrit dans un cahier des charges qui revendique l’attachement à l’agriculture biologique et aux circuits courts.

L’une des principales problématiques est d’arriver à saisir l’opportunité d’une terre disponible. Un véritable réseau citoyen est déployé par l’association pour se renseigner et maintenir une veille pour trouver des exploitations à reprendre. Avec le vieillissement de la population agricole, cette problématique va être de plus en plus fréquente. En effet, de nombreuses terres seront rendues disponibles. Cette situation peut offrir certes de nouvelles occasions de développer des exploitations sur d’autres principes (agriculture biologique ou raisonnée…) mais elle peut surtout se conclure par des agrandissements des exploitations voisines. Cette problématique démographique est couplée aussi à un changement de la population agricole elle-même avec l’arrivée de personnes non issues du monde paysan et qu’il faut accompagner avec des outils nouveaux qui ne sont plus ceux de la transmission intrafamiliale traditionnelle.

Nous avons aussi abordé une question peu connue et pourtant stratégique, celui de l’accaparement des terres. J’ai ainsi été alerté sur ce problème qui menace la France mais aussi les pays de l’UE. Des entreprises et/ou des fonds de pensions achètent des terres agricoles et les exploitent par le biais de salariés ou de prestataires. Cette pratique s’inscrit, par exemple, dans la mise en œuvre d’une intégration de toutes les étapes de production au sein de l’industrie agroalimentaire. Cette pratique s’est développée dans plusieurs pays européens, notamment à l’Est, mais la France offre une cible de choix car ses terres sont à des prix largement inférieurs à ses voisins. J’ai été ainsi interpellé pour m’intéresser au travail du Parlement sur le sujet, travail mené par ma collègue des Verts Maria Heubuch. Mais le rapport qu’elle mène dépasse la seule question de l’accaparement des terres pour évoquer le statut de la terre lui-même, pour qu’il fasse l’objet d’une directive. Rencontre intéressante que j’espère poursuivre prochainement en visitant une des exploitations soutenues par Terre de Liens en Ile-de-France.

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