OGM : refuser la mise sur le marché sans contrôle démocratique

Nous poursuivons les objections à la mise sur le marché d’organismes génétiquement modifiées, derniers remparts institutionnels dont dispose le Parlement européen contre l’hypocrite silence du Conseil et l’application binaire de la Commission. Nos trois dernières objections conjointes sur le soja semblent avoir eu un certain impact, la Commission Européenne n’ayant pas encore autorisé l’importation de ces produits « Monsanto-Bayer ».

Rappelons qu’une majorité du Parlement européen a voté un amendement demandant à la Commission de revoir sa copie concernant le processus de mise sur le marché des OGM. Notre objectif reste donc le même : aucun aliment génétiquement modifié ne sera validé par le Parlement Européen, tant que la Commission n’aura pas proposé un nouveau cadre concernant l’importation d’OGM et cela afin de prendre en compte le fait majoritaire en Europe, c’est une question de démocratie. Ces objections sont aussi une manière de faire respecter les choix du Parlement dans le jeu institutionnel.

Ne nous y trompons pas, après le scandale de l’autorisation du Round up (glyphosate) et dans le contexte de contestation concernant les perturbateurs endocriniens, l’Union Européenne doit plus que jamais être transparente et démocratique dans la protection de la santé des Européens. Les populistes profitent de cette situation en faisant briller le cadre national comme dernier rempart garantissant la souveraineté écologique. Ce n’est pas notre idée, car les frontières des États ne nous prémunirons pas contre la propagation des OGM, et à ce titre l’Union est l’échelon légitime au niveau duquel il faut règlementer.

Les deux objections de mise sur le marché de cette session parlementaire de Juin concernent un maïs transgénique résistant au glyphosate et un œillet ornemental résistant à de puissants herbicides et composé avec un antidiabétique. Cette modification génétique encouragera donc l’utilisation de ce médicament antidiabétique en tant qu’herbicide. C’est dire l’abstraction dans laquelle est tombée une partie de l’agrochimie. Ajoutons que, concernant l’œillet, aucune étude d’impact n’a été effectuée sur son incidence invasive éventuelle envers les œillets sauvages, ni sur son impact concernant le cycle des déchets et de l’eau. Notons enfin l’audace de la Commission qui propose la mise sur le marché d’un maïs résistant au glyphosate au moment précis où la controverse n’a jamais été aussi forte sur ce produit.

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