Rencontre avec les élèves du Lycée Colbert à Paris 10e

Rencontre avec les élèves du Lycée Colbert à Paris 10e

Le mois dernier j’ai été invité par une professeure d’Histoire-Géographie du Lycée Colbert pour présenter mon activité au Parlement européen et surtout répondre aux nombreuses questions des élèves de Première et Terminale section européenne sur l’actualité brûlante de l’Union Européenne.

Nous avons donc abordé de front la crise multiforme actuelle (migrants, Brexit, terrorisme, économie…) qui déclenche soit des discours catastrophistes soit une sorte de cynisme délétère et finalement stérile sur l’avenir de l’UE. Plus personne ne nie le danger d’implosion qui plane sur la construction européenne et qui se nourrit d’une triple crise : celle de notre modèle économique profondément mis à mal depuis 2008, celle d’une crise des frontières avec l’arrivée de nombreux migrants mais aussi plus largement celle du rapport au monde de l’UE, et enfin celle de notre modèle de production, dépassé face à une transition écologique qui reste très/trop embryonnaire. La consternation ne peut être la seule voie ; il est nécessaire que l’UE reprenne en main ses atouts (elle demeure l’une des principales zone de richesse et de consommateurs dans le monde notamment).

La question du Brexit se place bien sûr en tête des préoccupations et sa portée reste forte dans l’esprit de mes jeunes interlocuteurs qui restent perplexes face au potentiel éclatement d’une construction qui leur semblait acquise. Le Brexit va casser le mythe de l’Europe à 28 et sera, dans tous les cas, un moment décisif de définition du projet européen. Avec d’autres je plaide pour des cercles concentriques qui permettent de garder un grand marché tout en permettant aux pays qui veulent aller vers une Europe plus fédérale de faire le saut qualitatif indispensable. Un parlement de la zone euro avec un budget qui sert à investir pour rééquilibrer les territoires européens et construire ainsi de véritables solidarités : voilà un objectif politique réaliste au service duquel des initiatives fortes doivent être prises rapidement. Il faut sortir de l’ornière dans laquelle nous placent les europhobes face à une Europe qui, faute d’avancer sur des sujets majeurs, comme l’harmonisation sociale ou la question migratoire, voit prospérer les peurs et les phénomènes de rejet.

Cette discussion avec les élèves du lycée Colbert avait aussi comme contexte l’affaire des « Panama papers » et a également provoqué de nombreuses questions sur la réaction européenne. Jusqu’ici l’Europe s’en est tenue à une logique du « laissez faire » mortifère. Ce scandale international nous renvoie à nos propres démons, ceux d’une Europe qui a laissé prospérer en son sein des paradis fiscaux. Mais le ressaisissement actuel des pouvoirs publics est un bon signal…provoqué moins par un élan éthique que par la raréfaction des recettes fiscales qui pousse les États à aller chercher l’argent là où il se cache.

J’ai enfin plaidé pour que les jeunes générations prennent toute leur part dans ces débats essentiels, pour ne pas laisser seule cette partie de la jeunesse qui se tourne actuellement vers les partis europhobes. On paie là le rejet d’une Europe mise en scène comme une religion de substitution mais, paradoxalement, une religion sans pratiquants car dans le même temps la France restait très en retrait au sein des institutions européennes tout en rejetant la faute sur elles.

Il est temps de rompre ces vieux schémas et de répondre aux inquiétudes légitimes par un combat en faveur de l’Europe que nous voulons. Il s’agit là d’un combat indispensable pour réorienter nos modèles de société.

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