Réunion publique à Strasbourg en faveur des primaires de la gauche et des écologistes

Ce lundi 11 avril, j’étais invité à intervenir à la réunion publique strasbourgeoise en faveur des primaires. Auprès de Yannick Jadot (EELV) et Adrien Jeantet (Primaire de Gauche), nous avons rappelé la nécessité de l’organisation de ces primaires de la gauche et des écologistes, comme élément indispensable de réappropriation de l’outil politique par les citoyennes et les citoyens.

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Dans une tribune parue la semaine dernière, Christian Paul, premier signataire de notre motion A Gauche Pour Gagner rappelle les raisons pour lesquelles nous militons depuis le début pour l’organisation de ces primaires.

Tribune de Christian Paul – « Oser les primaires à gauche »

Tribune publiée le 6 avril sur LeMonde.fr par Christian PAUL, député de la Nièvre

Dans quelques jours, le sort des primaires de la gauche et des écologistes va se décider. Comme une majorité de nos concitoyens, je crois les primaires possibles, mais surtout indispensables.

Chacun peut en mesurer aisément l’audace et les risques. Mais refuser d’oser les primaires serait faire l’impasse sur l’élection présidentielle de 2017, et prolonger un peu plus la défaillance démocratique nationale.

Voilà pour quelles raisons les primaires ont du bon !

Elles sont au carrefour de l’exigence démocratique et de l’efficacité. Tout indique jusqu’ici que la gauche éclatée ne sera pas présente au second tour de l’élection présidentielle. Sans acte de rupture avec la routine du pouvoir et les divisions actuelles que produit ce quinquennat qui a déçu, la chronique de la défaite s’écrit imperturbablement. Sans effacer les désaccords, ni renoncer à l’inventaire nécessaire, chacun doit se saisir de sa responsabilité et ne pas se défiler.

Mais ne bornons pas les primaires à un rôle limité à la désignation des candidats. Ce serait consacrer un système institutionnel à bout de souffle, dont l’impuissance verticale n’est plus à démontrer. Les préparatifs de 2016 vont au-delà de l’expérience pionnière de 2011 : ce sont des primaires citoyennes, et plus largement ouvertes à toutes les forces de la gauche et aux écologistes.

Comme ailleurs en Europe, s’exprime en France un besoin impérieux de débats, de délibérations, de discussions. Et pas simplement sur des thèmes imposés par les appareils, les oligarchies et les conformismes. Dans des centaines de débats, on viendra parler de la France que nous voulons, de l’avenir de notre pays, de la réussite de sa jeunesse, de sa place dans le monde, de la possibilité de réussir sa vie.

Le but est de faire émerger les exigences essentielles, les valeurs et les priorités qui doivent être au cœur de la confrontation de 2017. Pour cela, nous devons inventer un protocole loyal et transparent qui garantisse l’écriture partagée d’une « charte citoyenne », une adresse ferme aux candidats. Cette démarche s’imposera dans la préparation de leurs programmes, pas pour les enfermer, mais pour rompre avec l’approche monarchique que la Vème République impose jusqu’ici à la veille des élections présidentielles. La parole que nous devons révéler, c’est d’abord celle du peuple.

Déverrouiller la démocratie, sera le premier enjeu de ces primaires en 2016, si nous savons en faire un grand événement dans cette année où tout est ouvert.

L’enjeu est bien de renouveler les formes politiques, avant comme après 2017. Tous les partis de gauche et l’écologie politique, sans exception, se sont dévitalisés et décomposés à l’épreuve du pouvoir, à partir de 2012. Quelle qu’ait été leur participation – ou pas- à la majorité et au gouvernement, ils se sont laissé dévaliser de leurs idéaux, de leurs projets, de leurs programmes. Solidaires des choix actuels, ils se renient et enferment la gauche dans leurs certitudes. Protestataires, ils se cantonnent dans ce rôle, pendant que la colère en France file ailleurs.

Les primaires ne sont pas un élixir de survie pour partis naufragés, mais une véritable occasion de muter. Muter, c’est renouer avec l’écoute des citoyens, l’intelligence du collectif et avec un récit national partagé. S’ils sont capables de donner un statut à la parole des citoyens, au « peuple de gauche » dans sa diversité, les partis auront fait un pas immense. Le nouveau rôle des militants se révélerait ainsi dans l’organisation de ces centaines de débats avant l’été dans tous les territoires, pas entre soi, mais avec les Français.

Choisir les primaires est un sursaut positif. Les Français les considèrent comme salutaires. Les balayer d’un revers de main serait suicidaire. Les conditions de réussite des primaires sont donc à afficher en commun sans retard. Le calendrier proposé dans la première quinzaine de décembre est réaliste. Il reste à fixer le temps des candidatures, leurs parrainages dont les citoyens ne peuvent être absents, les modalités d’une campagne ouverte et d’un scrutin compréhensible par tous.

Ces primaires sont une occasion unique de mettre au cœur de la présidentielle la question de la transformation de la démocratie française. Laisser les primaires à la droite, qui va se mettre en ordre de bataille, serait un paradoxe terrible. Les construire à gauche avec des millions de Français, c’est déjà montrer qu’il n’y a pas de candidature automatique. Aux citoyens, aux partis, aux candidats de s’en saisir pour dire enfin clairement que le pouvoir s’exerce au nom du peuple, et que sa confiscation, sitôt passée l’élection, est devenu l’un des pires archaïsmes qui minent notre République. Oser les primaires à gauche, c’est déjà s’engager résolument dans cette grande et urgente transformation. Oser les primaires, c’est aussi poser la première pierre de la prochaine gauche.

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