Building Alliances for Democracy – Conférence à Athènes

Lors du weekend du 18-20 mars dernier, une conférence intitulée « Alliance contre l’austérité, pour la démocratie en Europe » s’est tenue à Athènes dans le but d’élaborer des stratégies d’alliances entre différentes forces de gauche. Quarante représentants des gauches européennes – dirigeants de Podemos (Espagne), du Bloc de gauche portugais, du Sinn Féin (Irlande), socialistes, écologistes, membres d’Attac – étaient présents à cette occasion pour discuter des enjeux majeurs qui se posent aujourd’hui à l’Europe: politiques économiques, crise des réfugiés, réchauffement climatique, futur de l’intégration européenne, protection des conventions collectives et des droits sociaux.


À l’invitation de Syriza et du parti de la gauche européenne, une délégation de la motion « A Gauche pour Gagner » s’est ainsi rendue à Athènes pour rencontrer les différents acteurs.

J’y suis donc intervenu pour donner mon point de vue d’eurodéputé et de socialiste français sur le futur de l’intégration européenne.

Face aux difficultés rencontrées par l’Europe des 28, à la concurrence grandissante entre les peuples qui accroit les inégalités sociales et géographiques, et à la crise démocratique qui ne cesse de s’approfondir, les chefs d’Etat et de gouvernements ne peuvent rester passifs.

A mon sens, trois scénarios se profilent alors.

Le premier voudrait que malgré ses errements, l’Union continue sur la même voie. Mais alors, les peuples s’en détourneraient inexorablement et nous prendrions le risque de voir un retour à l’Etat-Nation qui finirait d’achever le projet européen.

Le deuxième, celui qu’alimentent les europhobes et nationalistes en tous genres, consiste à  enterrer dès aujourd’hui cette Europe qui sert de boucs-émissaires faciles à toutes nos difficultés.

Enfin, le troisième scénario, celui qui à mon sens est en capacité de sauver l’Europe et ses peuples, appelle les gouvernements des Etats membres à faire preuve de courage politique car il implique une redéfinition de l’Europe à 28. Un premier cercle d’Etats, qui se formerait autour de la zone euro, impulserait la dynamique politique à même de pouvoir approfondir l’intégration européenne. Cet approfondissement ne pourrait plus faire l’impasse sur deux processus fondamentaux : une convergence fiscale et une harmonisation sociale. Evidemment, cette Europe ne pourra exister sans un budget suffisant ainsi que des politiques communes en matière migratoire ou encore de Défense. Enfin, outils de contrôles démocratiques essentiels, les parlements nationaux et le Parlement européen devront être au cœur de ce processus.

Aujourd’hui, la social-démocratie est en crise, minée par le débat sur les conditions de sa transformation. Mais il serait illusoire de croire qu’elle pourrait simplement être remplacée par une gauche européenne critique qui est encore dans un processus de recomposition politique et idéologique.

L’urgence de la situation doit nous inciter à ne plus compter seulement sur les États et à travailler ensemble pour élaborer des propositions concrètes pour l’Europe progressiste de demain. Des exemples nous montrent déjà que cette alliance est possible : le cas portugais démontre qu’une gauche plurielle qui propose un projet politique en accord avec ses valeurs, en s’appuyant sur un fort mandat populaire, est en mesure de compter. À nous, socialistes sincères, écologistes, gauche radicale, défenseurs d’une Europe progressiste, plurielle, durable et tolérante, d’approfondir et de concrétiser le dialogue déjà entamé.

Print Friendly

Leave a comment

Your email address will not be published.


*


Visit Us On TwitterVisit Us On FacebookVisit Us On YoutubeCheck Our Feed