Garantie Jeunesse ou Garantie Jeunes ? : un programme européen, une amplification française

Une initiative forte de l’Union Européenne

Les annonces récentes sur la « Garantie Jeunes » de la part du Premier ministre ont tendance à faire oublier aux Français que ce programme est d’abord un dispositif européen…financé en partie par l’UE sous le nom de « Garantie Jeunesse ». La communication gouvernementale est aussi assez peu diserte sur cette dimension européenne… Ce rappel n’a pas pour but d’amoindrir le travail de la France sur cette question mais de ne pas cantonner l’Europe à ce sinistre épouvantail de nos impuissances nationales. L’UE a pris la mesure de l’énorme problème et défi que représente le chômage des jeunes dans l’ensemble du continent.

Rappelons quelques chiffres (http://www.touteleurope.eu/actualite/le-taux-de-chomage-des-jeunes.html) pour en mesurer l’ampleur : en décembre 2015, 4,454 millions jeunes Européens (hors étudiants) n’avaient pas d’emploi en Europe. 19,7% des jeunes sont ainsi à la recherche d’un emploi dans l’Union européenne avec des disparités fortes entre pays, ainsi l’Allemagne ou le Danemark qui voisinent avec les 10% quand l’Espagne ou l’Italie sont près des 40%.

Face à cette situation, la Commission a lancé deux programmes :

  • l’Initiative européenne pour l’emploi (IEJ) : programme lancé en 2013 pour apporter une aide supplémentaire aux jeunes de moins de 25 ans vivant dans des régions enregistrant un taux de chômage des jeunes supérieurs à 25% en 2012. Il vise particulièrement les jeunes sans emplois et en dehors d’une formation (NEET), ainsi que les jeunes chômeurs de longue durée. Il se concrétise par un soutien les apprentissages, les stages, la recherche d’emplois et les formations qualifiantes. Il est doté d’un budget de 3,2 milliards de dotations spécifiques auxquels s’ajoutent les 3,2 milliards du FSE, complétés par les ressources propres des Etats.
  • Garantie Jeunes: financé en partie par l’IEJ, elle regroupe les mesures mises en place dans les Etats membres pour proposer aux jeunes de moins de 25 ans un emploi de qualité, un enseignement ou une formation dans les quatre mois suivant leur sortie de l’école ou la perte de leur emploi. Le principe a été adopté en 2013 et chaque pays a ensuite défini ses propres plans de mise en œuvre. Le coût total du programme dans la zone euro est estimé à 21 milliards d’euro tandis que le coût du manque de formation est estimé à 153 milliards d’euros.

Une politique volontariste en France

La France a joué un rôle moteur au niveau européen pour la mise en place de cette initiative pour les jeunes et sa concrétisation par la mise en place rapide d’un dispositif spécifique avec les financements européens.

L’appel aux fonds de l’UE s’est fait dès 2014 et la France, avec l’Italie, a présenté durant l’été un plan détaillé pour répartir cette enveloppe. Elle se chiffre à 620 millions d’euros (avec les fonds fléchés du Fond Social Européen) qui, pour l’instant, vont au financement de la « garantie jeunes » qui décline la « garantie jeunesse » européenne pour près de 75 millions d’euros mais aussi à d’autres programmes en faveur de l’emploi des jeunes : recrutement de conseillers spécialistes du suivi des jeunes, financement des Emplois d’avenir et lutte contre le décrochage scolaire. La part du financement européen devrait augmenter dans le financement de la Garantie Jeunes française.

La « Garantie Jeune » est pilotée par le ministère du Travail en s’appuyant sur le réseau des missions locales. Elle a commencé par une phase d’expérimentation lancée sur 10 départements en 2013 et a été étendue à 62 nouveaux départements en 2015. En 2 ans, près de 46 000 jeunes en ont bénéficié. 19 nouveaux départements et 85 nouvelles missions locales vont donc très prochainement mettre en œuvre le dispositif. Fin 2016, 91 départements volontaires déploieront la Garantie Jeunes. Celle-ci sera généralisée à l’ensemble du territoire en 2017.

Le dispositif vise les 18-25 ans, qui ont quitté l’école,  qui sont sans emploi ou formation, et qui ont des ressources qui ne dépassent pas 524 euros (plafond du RSA). La personne qui souhaite entrer dans le dispositif doit s’adresser à une mission locale qui décide d’intégrer après avis d’une commission d’attribution.

La « Garantie Jeunes » est un dispositif qui combine plusieurs types d’actions : un suivi personnalisé mené par la mission locale (avec du personnel spécifique), des propositions de stages/d’apprentissage, et une aide mensuelle de 461 euros (cumulable avec des revenus d’activités s’ils ne dépassent pas le plafond de 300 euros par mois puis allocation dégressive et s’arrêtant si le total des ressources est de 1173 euros). Le contrat est d’un an maximum, renouvelable un an si la mission d’insertion n’est pas validée. Il peut être aussi interrompu si le jeune trouve une activité durable ou refuse d’accomplir ses engagements contractuels.

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