G.Balas dans #CashInvestigation « Pas de marché intérieur sans convergence sociale ! » #StopDumping

Malgré les événements terribles de ce mardi 22 mars qui ont touché le coeur de l’Europe, les batailles à l’échelle européenne se poursuivent et ne sauraient être abandonnées. L’une d’elle a été mise au grand jour dans la dernière émission de Cash Investigation. L’équipe de la journaliste Elise Lucet a ainsi révélé la terrible réalité des travailleurs détachés dans l’Union européenne, ces salariés low-cost soumis à des salaires au rabais et des horaires de forçats.

Chargé d’un projet de rapport sur la lutte contre le dumping social dans l’UE, j’ai été invité à exposer mon point de vue d’eurodéputé en seconde partie d’émission et vous invite à retrouver mon intervention en cliquant sur l’image ci-dessous :

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Lien direct vers la vidéo : http://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/cash-investigation/cash-investigation-du-mardi-22-mars-2016_1361051.html

Elise Lucet : Est-ce que d’après vous la révision de la directive sur les travailleurs détachés va dans le bon sens ?

Guillaume Balas : Ce qui est intéressant c’est la rémunération et notamment que l’on intègre aujourd’hui dans la rémunération nette un certain nombre de primes, d’avantages sociaux qui existent dans le pays d’accueil. Il y a également la question des conventions collectives : le respect des conventions collectives du donneur d’ordre que les sous-traitants doivent respecter, c’est une demande des pays nordiques, notamment sur le sujet. Ce n’est pas très précis encore mais ça a été avancé comme proposition.

Là où le bas blesse de façon très forte puisqu’on ne parle là que de législatif, c’est-à-dire de ce qui fait la directive, c’est le problème des cotisations sociales.GB_CASH_23.03.16

E.L. : J’allais y venir parce que j’ai envie de vous dire si on ne change rien aux cotisations sociales, si elles sont toujours versées dans le pays d’origine des travailleurs détachés, les entreprises françaises qui pâtissent de ce système vont continuer à mourir 

G.B. : On est ici dans un problème politique majeur qui est extrêmement simple : les gouvernements aujourd’hui d’un certain nombre de pays et notamment à l’Est — même si on peut dire qu’à l’Ouest il y a une certaine forme d’hypocrisie car un certain nombre de grandes entreprises profitent de ce système — doivent savoir si on veut ou pas avancer sur cette question.

Ce n’est pas simple techniquement, il faut le reconnaître mais il faut savoir si oui ou non on veut un vrai salaire égal pour un travail égal. Et pour cela il faut s’attaquer au salaire brut et pas seulement au salaire net. Autrement, c’est l’évaporation de nos systèmes de sécu comme on a pu le constater dans votre reportage.

E.L. : Vous dîtes qu’il faut en finir avec ce système d’évasion sociale mais franchement est-ce que vous y croyez ? Vous qui êtes à Bruxelles avez-vous le sentiment que cela va s’embourber et que nous n’arriverons notamment pas à régler ce fameux problème de cotisations sociales ?

G.B. : Aujourd’hui, je crois très honnêtement que si nous continuons sur un débat soft sur le sujet où on se contente de faire quelques améliorations mais au final pas grand chose, je le dis, l’Europe sera morte avant même que l’on ait vraiment compris ce qui était en train de se passer. La vraie question est de savoir s’il faut un débat je le dis qui doit être  fracassant sur le sujet. Et je pense que la France, parce qu’il y a en effet un certain nombre de propositions qui ont été faites et qui vont plutôt dans le bon sens, doit porter ce débat au niveau européen. En gros : pas de marché intérieur sans convergence sociale.

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E.L. : Cela signifie que vous interpelez Myriam El-Khomri en disant « ce que vous faites c’est bien, allez-y mais maintenant faites-le au niveau européen » et de manière fracassante ?

G.B. : Je vais vous raconter une anecdote. On travaillait hier sur le sujet au Parlement européen car nous avions alors une réunion et il y avait là un élu du Front national qui a fait une intervention de 15 secondes. Il a dit : « Je suis désolée, votre système va s’effondrer. Point. » Et avec un sourire éclatant. Est-ce que l’on veut lui donner raison ? Est-ce que ce pour quoi on a combattu, nous et les générations antérieures sur la question européenne, on veut donner à la fin raison au repli national ? Si on pense que c’est une mauvaise solution, il y a urgence. Franchement, ce n’est pas Myriam El-Khomri toute seule qui peut faire quelque chose sur le sujet. Ça se joue au niveau des chefs d’Etat, au niveau des chefs de gouvernement ! Aujourd’hui c’est là que le débat doit avoir lieu et il va y avoir une occasion car il y a le référendum sur la sortie de la Grande-Bretagne ou pas. Quel que soit le résultat, sur le brexit, il faut redéfinir l’Europe. Je le vois bien, il est temps que sur ce sujet et maintenant, les chefs d’Etat et de gouvernement prennent leurs responsabilités.

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