G.Balas « Reprendre les arguments de l’adversaire pour essayer de se mettre au centre du jeu politique est une erreur » • Le Talk du Figaro

J’étais l’invité ce midi du Talk du Figaro au micro d’Yves Thréard. J’y ai exposé mon point de vue sur le débat en cours relatif à la révision constitutionnelle mais également sur le processus des primaires à gauche que je soutiens entièrement. Retrouvez l’intégralité de cet échange ci-dessous :

Sur la révision constitutionnelle et la déchéance de nationalité

C’était une erreur politique au départ car on ne change pas la constitution dans un moment de crise. Bien au contraire, on s’appuie sur elle. Il aurait fallu a minima qu’il y ait un groupe de travail pour constater ce qui était possible ou non de faire. On ne fait pas de la triangulation ou des coups politiques sur la Constitution, ça ne marche pas.

Sur la déchéance, il y a une question de principes. Je crois que la France tout comme l’Islam doivent reconnaître que c’est aussi ses enfants qui ont commis ces crimes et les considérer. Il y a ici un double déni qui me semble facile et dangereux.

(…) Il y a une erreur au départ de penser que la triangulation, c’est-à-dire reprendre les arguments de l’adversaire pour essayer de se mettre au centre du jeu politique, est une nécessité. Je ne le crois pas. Au contraire, je pense que les Français attendent au contraire de la sincérité et de la clarté dans les convictions. Je pense que le Président de la République est allé trop vite. Peut-être voulait-il sincèrement créer l’unité mais il fallait pour cela qu’il commence par rassembler son propre camp.

Sur les primaires à gauche

Il est certain que la question de savoir qui représentera la gauche aux élections présidentielles est ouverte. Il n’y a aucun droit divin à penser que tel ou tel, même s’il est Président de la République, a le droit absolu de considérer qu’il est l’unique candidat. C’est une question démocratique profonde. On est en crise et il faut donc réinventer les processus démocratiques.

Je pense donc qu’une primaire à gauche est absolument nécessaire. On voit bien qu’à droite, elle permet des débats. Et si nous n’en faisons pas à gauche, non seulement nous serions divisés mais en plus, nous ne mettrions pas sur la table des débats absolument essentiels.

Il est regrettable que des personnes comme Jean-Luc Mélenchon ne veuille pas y participer. Sans doute pense-t-il que la Vème République peut régler le problème de… la Vème République.

Si nous pensons aujourd’hui que les institutions doivent être changées alors il faut déjà pratiquer ce changement via l’organisation d’une primaire.

Sur la position d’Emmanuel Macron

Je ne suis pas surpris qu’il soit d’accord avec nous. Il y a une tradition, si on le prend au sens large du thème, libérale politiquement qui inscrit les gens qui ne sont pas libéraux sur le plan économique, comme moi, ou des gens qui peuvent l’être, comme Emmanuel Macron, mais qui considèrent aujourd’hui que les questions de la République, de la démocratie, de la défense des libertés individuelles, de l’égalité sont absolument fondamentales et font le contrat de la Nation.

Sur le remaniement

Est-ce que aujourd’hui il faut enfin rompre avec la division du camp progressiste ? Je crois que cela passe par un remaniement, par un nouveau contrat de majorité. Et je ne crois pas comment Manuel Valls pourrait être le Premier Ministre de ce cours nouveau de la politique qui est inverse à ce qu’il prône depuis qu’il est Premier ministre.

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