Débat avec les élèves du Lycée professionnel Louise Michel d’Epinay sur Seine

J’ai été invité vendredi 22 janvier à intervenir au lycée professionnel Louise Michel situé à Epinay sur Seine dans le département de Seine St Denis. Cette rencontre avec les élèves s’inscrit dans le travail sur les institutions politiques et plus largement sur l’engagement des citoyens mené par Elise Boscherell, enseignante de Lettres-Histoire avec ses classes de Terminales auxquelles était ici associée une classe de seconde. J’aurais le plaisir de retrouver une des classes de terminales en avril au Parlement dans le cadre d’un voyage pédagogique à Bruxelles.

Plaisir et honneur car la rencontre fut riche et passionnante. Je pourrais rajouter « comme à chaque fois » tant ces débats avec les élèves, collégiens et lycéens, sont un véritable moteur pour mon engagement. Celui-ci reste souvent mystérieux pour beaucoup d’élèves qui abordent avec curiosité mais aussi avec franchise ce monde étrange de la politique et l’investissement personnel qu’on peut y attacher. Dans ma courte introduction j’ai ainsi rappelé les bases de mon engagement dès le lycée, tout en essayant d’expliciter ma démarche militante et surtout collective. C’est en faveur de cette dynamique d’engagement avec les autres et pour les autres que j’ai plaidé auprès d’élèves déjà très conscients des injustices et inégalités qui minent la société française.

J’ai ainsi été interpellé sur le « métier » du politique (cumul des mandats, « salaire », regards des autres, qualification…), me permettant de rappeler que j’avais un mandat et non une profession. Ce n’est pas une différence sémantique ni un faux semblant : je voulais convaincre les lycéens qu’à leur tour ils pourraient exercer ce mandat durant leur vie quelque soit leur métier, leur diplôme, leur situation personnelle. Leur enseignante leur a ainsi tenu un discours trop rare en leur rappelant qu’ils ont tous vocation à diriger le pays, et qu’ils ne sont pas d’éternels gouvernés ou soumis à une autorité prédéterminée. Sans illusions sur les limites, les freins, les difficultés il nous faut porter cette exigence démocratique au cœur de l’apprentissage de la citoyenneté. C’est une des missions des enseignants mais c’est surtout celle des politiques eux-mêmes pour rendre possible ce renouvellement en refondant nos institutions ou en soutenant des projets novateurs.

Beaucoup d’interventions se sont aussi concentrées sur la politique européenne en posant d’emblée la question de son utilité et de l’impact de l’UE sur la vie des citoyens. Lointaine, peu compréhensible quand on aborde ses mécanismes, elle reste elle aussi un mystère trop souvent convoquée comme épouvantail. Les élèves s’inquiétaient en effet des discours sur la sortie d’une Union Européenne dont on perçoit mal le rôle stratégique dans une mondialisation où il reste difficile de peser. Mais là aussi il faut réinjecter du politique et ne pas naturaliser notre rapport à l’UE : on reste dans l’UE parce qu’elle est utile dans cet univers mondialisé mais elle doit être un vecteur de la transformation de cette mondialisation libérale dont elle a trop souvent épousé les traits.

Les élèves ont ainsi été surpris quand j’ai indiqué mes priorités « si j’étais président de la France » : c’est sur l’Europe que nous devrions faire d’abord l’effort en renforçant le poids des citoyens et le rôle du Parlement, en nous attaquant aux politiques libérales qui détruisent les solidarités et l’espoir d’unité en Europe, mais aussi en posant des débats fondamentaux comme celui de notre politique énergétique commune pour sortir de la dépendance pétrolière et de ses néfastes effets géostratégiques.

Cette rencontre s’est conclue par la lecture d’une lettre au Président rédigée par un des élèves de Terminale. Cette forte interpellation retranscrit moins l’amertume face à une République qui déçoit dans des territoires qui se sentent délaissées, qu’une volonté de faire changer une situation inique. Avec les moyens qui sont les miens je transmettrais ces doléances de jeunes citoyens qui veulent aussi que ce pays et l’Union européenne soient à leur image. Comme on dit : « unis dans la diversité ».

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