La lutte pour la qualité de l’air ne s’arrête pas après la COP 21 [Tribune]

Les Ministres européens de l’Environnement se réunissent à Bruxelles ce 16 décembre afin de trouver un accord sur la qualité de l’air. L’objet des débats sera de mettre à jour la directive de 2001 visant à limiter les émissions de polluants atmosphériques tels que les particules fines, le dioxyde d’azote, l’ammoniac ou le méthane d’ici à 2030. Si la qualité de l’air a fait de réels progrès grâce à ce texte, force est de constater que ces progrès sont loin très d’être suffisants. Un renforcement de la législation européenne améliorant la qualité de l’air est non seulement nécessaire, mais urgent !

Quelques jours à peine après la fin de la COP 21, et alors qu’un accord contraignant sur les taux de rejets de dioxyde de carbone a pour la première fois été validé au niveau mondial, il serait impensable que l’Union européenne ne prenne pas de mesures ambitieuses sur les émissions d’autres polluants.

Car si l’on a beaucoup parlé de CO2 ces derniers jours, à cause de son impact sur le changement climatique, il ne faudrait pas oublier que d’autres substances rejetées dans l’atmosphère sont responsables de centaines de milliers, voire de millions, de morts annuelles – rien que pour l’UE, l’Agence Européenne de l’Environnement évalue la surmortalité à 400 000 décès prématurés par an. En France, l’exposition aux particules fines causerait 43 000 personnes par an, et la pollution au dioxyde d’azote, plus de 7 000. Sans compter les allergies, maladies respiratoires et cardiovasculaires, cancers qu’entraînent tous ces polluants atmosphériques. D’après les travaux d’une commission d’enquête du Sénat, la pollution de l’air coûterait à la France 101,3 milliards d’euros chaque année, soit deux fois plus que le coût sanitaire lié au tabac.

Face à un tel enjeu de santé publique à grande échelle, et alors que le volontarisme politique pour la préservation du climat est indéniable, il ne serait pas justifiable de ne pas agir à l’échelle européenne. La préservation de l’emploi industriel ne peut pas servir de prétexte pour continuer d’épargner tout effort aux constructeurs automobiles, par exemple. Il est grand temps de sortir de l’opposition entre qualité de l’air et emplois industriels dans l’automobile. Les constructeurs peuvent et doivent à présent orienter leur recherche et développement pour faire ce saut technologique. Les Ministres européens devront contraindre le secteur automobile à respecter les niveaux d’émissions qui leur sont imposés par la loi, sans dérogation ou tour de passe-passe via la discussion de « facteurs de conformité » bien plus favorables aux constructeurs qu’aux millions de personnes qui respireront ensuite un air pollué. Et comme la pollution n’a pas de frontière, c’est bien l’ensemble de l’UE qui est concernée : tous les États-membres doivent, ensemble, s’engager vigoureusement pour préserver la vie de nos concitoyens.

La France a su ouvrir le chemin pour la COP 21, et son engagement a payé : elle peut faire de même lors du prochain Conseil de l’UE sur l’Environnement, en entraînant les autres pays dans la définition d’objectifs ambitieux pour la qualité de l’air. La réduction drastique des polluants comme les particules fines, l’ammoniac, le méthane et le dioxyde d’azote est indispensable pour la santé de tous, et la famille des Socialistes et Démocrates européens y veillera scrupuleusement.

Tribune cosignée avec ma collègue Christine Revault d’Allonnes Bonnefoy également parue sur Mediapart : https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/161215/la-lutte-pour-la-qualite-de-lair-ne-sarrete-pas-apres-la-cop-21

Print Friendly

Leave a comment

Your email address will not be published.


*


Visit Us On TwitterVisit Us On FacebookVisit Us On YoutubeCheck Our Feed