Innover pour moins polluer : l’exemple de la méthanisation

Maintenue, à raison, par le président de la République, la COP21 doit déboucher sur des accords engageants pour les Etats face à l’urgence écologique. Pour les concrétiser, je milite pour que l’UE et la France investissent dans les énergies renouvelables et les projets innovants qui émergent. J’ai ainsi rencontré le chef d’entreprise Jérôme Perrin qui a lancé, en Ile de France, un modèle économique de production d’énergie à partir des déchets.
Finaliste du prix de l’innovation de la Mairie de Paris il a développé une chaine d’activité qui met en avant l’objectif « zéro déchet ». Le cœur de cette chaine est le recours au processus de méthanisation des déchets organiques : les déchets sont collectés puis transportés jusqu’à des méthaniseurs situés dans la région parisienne. La méthanisation est un processus de dégradation naturelle des déchets organiques (issus de l’agriculture, de l’industrie agro-alimentaire, des poubelles des particuliers ou des collectivités…) pour produire des engrais naturels (ce qu’on appelle les digestats) mais aussi du biogaz. C’est une filière qui combine ainsi l’avantage d’éliminer une partie de nos déchets en les valorisants pour de nouvelles activités.
Il existe peu de méthaniseurs en ile de France et ils ont été construits par des regroupements d’exploitants agricoles qui mettent en commun leurs déchets pour produire des engrais destinés à leurs exploitations. Une partie de ces méthaniseurs sont reliés aussi au réseau GRDF et contribue à la production de gaz.
La France reste très en retard sur cette filière qui s’est particulièrement développée en Allemagne ou en Grande-Bretagne. Elle reste embryonnaire dans notre pays même si elle a trouvé, avec le Grenelle de l’Environnement et surtout la loi sur la transition énergétique, de nouveaux appuis pour intégrer l’objectif des 23% d’énergie renouvelable dans le mix énergétique français.
L’entreprise Love your waste m’a présenté la filière qu’elle a mise en place : elle repose d’abord sur le tri et la collecte des déchets dans les établissements scolaires partenaires de son entreprise (actuellement dans le 9e). Les déchets sont ensuite transportés jusqu’aux unités de méthanisation en utilisant des transports « zéro déchets », des camions au GNV (gaz naturel) et des barges sur voies navigables. Il faut encourager ce type d’initiative et la mise en place d’une filière viable qui doit atteindre une taille critique suffisante pour démontrer son efficacité dans la production d’énergie renouvelable.
La méthanisation, en lien avec le recyclage des déchets, ne résoudra pas l’ensemble du problème mais elle peut apporter une contribution significative et surtout elle se place en alternative de l’enfouissement ou de l’incinération des déchets. L’objectif reste aussi de diminuer l’énorme quantité de déchets que nous produisons et le gaspillage alimentaire qui est autant une honte qu’une aberration à l’heure où nos ressources s’épuisent.
Au niveau européen, je vais suivre ce dossier dont la Commission s’est aussi emparée. N’hésitez pas à me faire connaitre vos initiatives associatives ou entrepreneuriales qui permettront de passer des paroles aux actes en faveur de la transition écologique.

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