F.Hollande et A.Merkel face au Parlement européen « un discours nécessaire mais qui ne suffit pas » • Débat sur Public Sénat / LCP

Mon débat sur Europe Hebdo (LCP / Public Sénat) suite à l'intervention d'Angela Merkel et François Hollande face aux parlementaires européens.

J’étais l’invité ce mercredi de l’émission Europe Hebdo animée par Nora Hamadi. J’étais en plateau face à l’eurodéputé allemand Andreas Schwab (PPE) et suis revenu notamment sur l’intervention de François Hollande et Angela Merkel qui se sont adressés, ce même jour, aux parlementaires européens.

Retrouvez l’intégralité de l’émission ci-dessous :

Sur le discours de François Hollande et d’Angela Merkel face aux parlementaires européens

« Ce discours était nécessaire car il y a eu un certain nombre d’annonces sur la zone euro. Est-ce que c’était suffisant ? Non. Maintenant commence le travail pour réaliser la feuille de route assignée. Si on dit qu’il faut maintenant approfondir, renforcer, démocratiser, rendre plus puissante l’Europe, il va falloir maintenant décrypter les outils pour le faire et c’est cela qu’on attend. Le Parlement européen et le groupe socialiste en particulier vont y être très attentif. (…) Tout reste à faire sur la question économique et sociale. « 

Sur la question migratoire et le rôle de l’Europe

Il faut mettre à bas la convention de Dublin et faire autre chose. Sur la question de Schengen, il ne s’agit pas de revenir à des politiques nationales migratoires comme le demande N. Sarkozy mais au contraire de renforcer Schengen pour arriver à une politique migratoire commune.

(…) L’immigration zéro est une absurdité qu’on a vendu en France et qui nous mène dans une situation de folie psychologique par rapport à l’immigration. Il faut admettre et parfois même souhaiter de dire que l’immigration peut être une excellente chose à partir du moment où elle est préparée, où on accueille les gens dans des conditions décentes. Il faut aussi qu’on puisse faire en sorte que ces gens veuillent être français. Tout cela est possible.

(…) Cette crise des réfugiés n’est pas séparable de la question migratoire de manière globale. Nous sommes face à des secteurs géographiques qui sont en pleine transition démographique, qui ont énormément de populations jeunes. Ça crée des tensions mais ça crée aussi de la migration économique. Séparer les deux de manière absolue est illusoire. Il faut donc se préparer à cela et mettre en place un dialogue pour savoir comment on crée les infrastructures chez eux pour essayer de faire en sorte que ces migrations soient le moins compliqué possible, voire qu’elles n’aient pas lieu quand elles peuvent ne pas avoir lieu.

Pour mener cette réflexion géopolitique, il faut que l’Europe fasse de la politique. De ce point de vue, j’ai un regret : Mme. Merkel a fait de la politique sur seulement un point à savoir la défense de Volkswagen en disant « attention, il faut faire attention à l’industrie automobile ». Et souvent en France, on ne parle aussi que d’économie. Or, le problème aujourd’hui en Europe, c’est surtout de savoir si nous sommes en capacité de créer une union politique sur la question de l’armée, de la défense, migratoire, de l’aide au développement et c’est là dessus qu’on pourra construire quelque chose d’efficace qui montrent aux citoyens que l’Europe sert à quelque chose. Dans le cas contraire, nous perdrons en légitimité et ferons gagner ceux qui tentent de détruire cette idée de l’Europe. »

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