Rencontre avec le groupe de travail Environnement du Parlement Européen des Jeunes

Par l’intermédiaire de mon équipe j’avais pris contact dès l’année dernière avec le Parlement Européen des Jeunes (PEJ). Nous nous retrouvons cette année dans le cadre de projets novateurs menés par l’équipe du PEJ.

Qu’est-ce que le PEJ ? : Cette structure européenne, crée dans les années 1980, possède une importante antenne française dont la mission principale est de débattre des enjeux européens avec la jeunesse. L’activité du PEJ se décline ainsi dans l’organisation de sessions locales, nationales, européennes de débat (sous la forme de simulation parlementaire) avec un double enjeu, celui de mieux connaitre et de discuter des politiques à l’échelle de l’UE mais aussi de former les jeunes à la prise de parole et au débat contradictoire.

Pour 2015-2016 j’ai été sollicité dans le cadre de plusieurs projets et en premier lieu celui mené par un groupe de jeunes adultes étudiants et salariés sur les questions environnementales en Europe. Après un appel au volontariat, ce groupe s’est réuni avec comme projet de questionner la jeunesse européenne sur cet enjeu fondamental. J’ai été invité à une de leur réunion pour répondre à leurs questions et expliquer mon travail, notamment en commission Environnement. (Voir ici le compte rendu de cet échange sur le site du PEJ)

J’ai essayé de faire partager mon expérience concrète de nouveau député dans la « machine » européenne pour donner au groupe de travail les moyens d’agir au plus près des réalités institutionnelles. Je me suis donc permis de leur proposer quelques conseils pratiques qui guident aussi mon action au Parlement.

Se méfier du consensus apparent
En effet il y a l’écologisme de façade de tous les groupes, de l’institution et des lobbys. Ce greenwashing interroge la « sincérité » de ces discours qui se heurtent à des pratiques politiques bien différentes de ces affichages. La commission Environnement traduit cette difficulté : constituée pour travailler sur l’amélioration des conditions de vie et de santé des Européens, on y trouve aussi quelques députés implantés par leur pays pour protéger avant tout les intérêts économiques. Tout le monde aime l’environnement mais dans les faits on se retrouve souvent confrontés à des intérêts stratégiques nationaux qui freinent considérablement la mise en place de solutions viables.
Les récents échecs sur la question des carburants, par exemple, où l’avancée de la législation européenne s’est fracassée sur le mur des lobbys, démontrent que la question environnementale reste un combat. C’est donc la question des rapports de force qu’il faut d’abord avoir en tête pour mener cette lutte derrière le consensus apparent.

Dépasser le fatalisme
Comment gagner ce combat ? Dénoncer les mauvaises pratiques est un préalable mais ne suffit pas. On reste en effet trop souvent dans un ventre mou peu efficient car la forte croyance en une nécessité de la lutte pour l’écologie se double d’un fatalisme sur l’issu de ce combat. Il faut accepter la confrontation avec ceux qui s’opposent à ces changements et surtout mettre en lumière ce rapport de force qui déplait tant à de nombreux lobbys. Le travail des politiques mais aussi des associations, qui sont en train de se structurer au niveau européen, c’est de les mettre dans la lumière en les convoquant dans le débat public pour décortiquer et contrer leurs arguments.

Attention à l’hyperspécialisation
L’autre danger qui guette dans ce combat c’est de ne raisonner que sur les enjeux strictement environnementaux. C’est un leurre car cette question est transversale à un de nombreux domaines et demande de s’intéresser à des débats connexes sur l’industrie, les transports par exemple mais aussi de l’insérer dans les problématiques géopolitiques. C’est en prenant en compte toutes ses dimensions que l’on aura un impact réel sur les questions environnementales et qu’on leur donnera une place centrale dans les projets politiques. On le constate ainsi au travers du travail de la commission Environnement qui rend de plus en plus des avis pour les autres commissions, se rendant ainsi incontournable au Parlement.

Travailler ensemble avec les citoyens
Ce combat réclame de mettre en liaison différents acteurs. Du coté des politiques il nous faut accepter d’abord de « perdre » du pouvoir pour redonner aux citoyens des leviers d’actions en les associant beaucoup plus au travail parlementaire. C’est dans cet esprit que je vais travailler sur mon rapport consacré au dumping social en Europe. Cette ébauche de co-construction et d’association des citoyens est un des moyens de peser beaucoup plus au final sur des instances qui restent opaques comme le Conseil ou la Commission. La pression citoyenne et sa formation à ces enjeux est l’une des clefs de nos succès futurs.
Deuxième problématique, celle de donner une visibilité et un poids à tout un pan de l’économie qui a du mal à se faire entendre à l’échelle des institutions européennes. L’émergence de l’économie sociale et solidaire, qui cherche à concilier développement économique, progrès social et transition écologique reste en effet très peu perceptible face au poids de l’économie traditionnelle et de ses puissantes structures. Nous avons besoins de rendre visible cette économie pour avoir du poids et démontrer au patronat européen traditionnel la force de cette dynamique. La mise en mouvement de ces différents acteurs, leur structuration nationale et européenne et leur lien avec notre action politique sont des leviers majeurs pour faire évoluer le système et avoir le contrepoids nécessaire. C’est ce travail qui permettra enfin au Parlement européen de conquérir une forte légitimité démocratique pour renforcer son rôle et poursuivre l’aventure européenne avec les citoyens.
C’est dans cette dynamique que je souhaite m’inscrire et je salue le travail du PEJ pour relever ce défi.

Print Friendly

Leave a comment

Your email address will not be published.


*


Visit Us On TwitterVisit Us On FacebookVisit Us On YoutubeCheck Our Feed