Fuite en avant ou sursaut ? une (nouvelle) année décisive pour l’UE.

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Le Parlement fait sa rentrée dans un climat tendu où l’Union Européenne se retrouve confrontée à de lourdes problématiques. Les divisions sur la « crise des migrants » traduisent une nouvelle fois les frontières qui subsistent entre les territoires mais surtout dans les esprits des Européens. Les crises identitaires nationales d’une grande partie des Etats de notre continent heurtent de plein fouet les conséquences des profondes et violentes mutations des espaces africains et moyen-orientaux.

L’Europe a peur dans un monde qu’elle ne sait pas et ne veut pas appréhender. Cette passivité se traduit par le refus d’adopter les instruments d’une véritable souveraineté politique et de la maitrise de son destin économique. C’est cette Europe tétanisée qui se retrouve confrontée à la première des priorités de millions de personnes : celle de la survie et de la recherche d’un meilleur destin. Chaque pays se retrouve alors seul face à ses propres démons et sa digestion de l’histoire troublée, souvent tragique, du XXe siècle. L’Union Européenne reste la seule institution permettant de dépasser ces forces mortifères qui se construisent sur un vide, sur des questions sans réponses : quelle est la place de l’Union dans le monde, quel projet propose-t-elle au monde ? Un espace de repli, une forteresse ou un espace ouvert au marché mais fermé aux hommes ? Pendant 50 ans le projet européen c’était la paix entre les Etats d’un continent marqué par les guerres mondiales. Ce projet même réclame un changement d’échelle en reconnectant, sur des valeurs progressistes, l’espace local et mondial.

Redonner un sens, une lisibilité à l’Europe passe par cette nouvelle étape qui impose un combat politique claire entre les forces réformatrices et conservatrices. La gauche européenne ne gagnera rien à perpétuer une alliance tacite avec une droite européenne qui allie libéralisme et conservatisme social. Le « laisser-faire » des néolibéraux reste le meilleur allié des partis d’extrême-droites qui prospèrent sur le délitement de la puissance publique tout en protégeant les nomenklatura nationales. Les élections grecques seront ainsi un moment de vérité pour l’Union européenne. La Grèce reste en effet le symbole de l’ornière actuelle : l’UE est apparue déterminée et idéologiquement cohérente face à la crise grecque tout autant qu’elle apparait maintenant désemparée et divisée face aux flux de migrants. En effet sortie du cadre de l’orthodoxie libérale dont les Grecs ont dû avaler les potions amères, le monde devient incompréhensible pour les élites politiques européennes : problèmes climatiques, guerres de religions, crise identitaire ne rentrent pas dans les cases de cette seule grille de lecture. L’Homo Economicus libéral abdique alors face aux populistes.

Il existe d’autres voies que le libéralisme ou le populisme : celles que nous portons, parfois d’une manière disparate et encore brouillonne dans son foisonnement d’idées, en faveur d’une Europe au service du progrès social et démocratique.
On perd d’abord les combats que l’on ne mène pas : durant cette session 2015-2016 je m’attaquerai notamment au dossier du dumping social en Europe. N’hésitez pas à me contacter pour me transmettre vos réflexions, références et expériences pour ce combat contre ce que d’autre avait appelé « l’exploitation de l’homme par l’homme ».

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