Discours sur l’état de l’Union de Jean-Claude Juncker : Peut mieux faire

Le Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a tenu devant les députés européens son discours sur l’état de l’Union européenne mercredi 9 septembre. Je souhaite revenir ici sur les principaux points de son intervention.

Le Président de la Commission a maintenu la position ferme qu’il avait adopté sur la crise des migrants, véritable drame humanitaire face auquel les chefs d’État et de gouvernement doivent enfin démontrer un esprit de solidarité. Sur ce sujet, les socialistes européens ont dès le début exprimé leur soutien à la mise en place d’un mécanisme de relocalisation permanent et obligatoire des réfugiés au sein des Etats membres européens.  Face à l’urgence humanitaire, Jean-Claude Juncker a également exhorté les dirigeants européens à trouver dès cette semaine un accord pour l’accueil de 160 000 réfugiés, proposition que je soutiens pleinement et qui appellera de la part de l’ensemble des acteurs politiques et institutionnels une réflexion aboutie sur l’élaboration d’une politique migratoire européenne et au renforcement des moyens attribués à la politique de développement.

Sur le plan économique, le Président de la Commission a regretté que le chômage, notamment des jeunes, soit si élevé dans de nombreux pays européens et a souligné l’importance attachée à la relance de l’investissement ainsi qu’au développement d’une authentique dimension sociale européenne. Sur ces sujets, je demeure perplexe quant à la traduction concrète des initiatives à venir prochainement. Qu’en est-il de la création d’un budget propre à la zone euro permettant de stimuler l’investissement et d’assurer un développement économique et social équilibré ? Qu’en est-il de la mise en œuvre d’un salaire minimum décent en Europe ? Où sont les propositions concrètes destinées à lutter contre les pratiques abusives et souvent illégales de certaines entreprises exploitant les failles du droit européen au détriment des travailleurs ? J’aurai l’occasion de revenir plus longuement sur les propositions à mettre sur la table pour favoriser la convergence sociale par le haut puisque je suis en charge du rapport sur le dumping social en Europe.

Un mot enfin sur le Conférence mondiale sur le climat qui se tiendra en décembre prochain à Paris. Un fonds Vert doté de 100 milliards de dollars permettrait d’assurer au cours des prochaines décennies le développement des pays engagés dans le processus de rattrapage économique tout en limitant ses effets sur le réchauffement climatique. Plusieurs idées sont à l’étude : taxe sur les transactions financières, mise en place d’une tarification du carbone… Les chefs d’État et de gouvernement doivent faire en sorte que l’Europe soit à la hauteur de cet enjeu vital pour l’avenir de notre planète et ses populations : si rien n’est fait, les réfugiés climatiques de demain seront plus nombreux que l’afflux encore limité de migrants cherchant au péril de leur vie refuge en Europe.

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