Guillaume Balas sur LCP « Il faut un destin politique pour l’Union européenne »

LCP_28.05.15

SYRIZA, À L’ÉPREUVE DU POUVOIR

Guillaume BALAS était l’invité de l’émission « Europe Hebdo » sur LCP face à Robert ROCHEFORT (député européen, groupe ADLE) pour revenir sur les quatre premiers mois de pouvoir de Syriza.

Sur la nature de Syriza

Syriza par sa nature n’est pas du tout d’extrême-gauche. Ce sont des gens très pragmatiques aujourd’hui confrontés à des problèmes considérables.

Ils correspondent à un sursaut démocratique du peuple grec et qui aujourd’hui met face deux logiques en Europe. Est-ce que l’Europe est simplement une alliance financière entre ses membres ou sommes-nous d’abord une union politique et qui réfléchit comme telle ?

Sur le Grexit 

D’un point de vue politique, la Grèce en dehors de la zone euro serait une catastrophe. Cela voudrait dire que la zone euro est une zone de solidarité financière avant d’être une zone d’intégration politique.

Pour éviter l’éclatement de l’Europe, il faut changer l’approche par rapport à la Grèce et répondre de manière systémique pour savoir comment on fait renaître la croissance en Grèce. Cela doit commencer par arrêter de l’accabler par des remboursements qui n’aboutiront jamais.

Le FMI qui exige aujourd’hui des remboursements a de lui-même dit il y a quelques mois que la manière dont il avait analysé la crise grecque avait été faussée par de mauvais indicateurs. Il ferait bien de s’en souvenir.

Le rôle de la gauche européenne

Il faut qu’aujourd’hui la gauche européenne soit claire sur le sujet suivant : est-ce que nous considérons que la nature même de la zone euro est simplement une zone monétaire qui n’a d’autres destins que la solidarité économique ou voulons-nous un destin politique ?

Si nous souhaitons un destin politique, nous devons alors nous donner les moyens de compenser les différences économiques entre ces Etats. Cela demande un outil nouveau : un outil d’ajustement budgétaire, d’investissement public.

Le rôle de l’UE

L’union européenne a compris sa faute originelle de 2008 : une politique catastrophique qui nous a mené près de la déflation. Il y a une prise de conscience de cela. Néanmoins, cela reste insuffisant. Il faut prendre aujourd’hui un chemin différent du point de vue économique si on veut recréer les conditions de la croissance et donc de la transition vers le monde nouveau qui vient.

Print Friendly

Leave a comment

Your email address will not be published.


*


Visit Us On TwitterVisit Us On FacebookVisit Us On YoutubeCheck Our Feed