Une party politique avec son député européen, récit

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Après une première rencontre en novembre j’ai poursuivi le dialogue et le travail avec la structure d’empowmerment « Projets pour l’Emploi » et l’association YMCIA. De mon côté j’étais très content de ce premier débat avec la dizaine de personnes présentes, content sur la forme avec l’idée d’un travail interactif sur les compétences puis d’un temps de débat, et sur le fond avec des discussions de sur les politiques européennes. De leur côté les organisateurs étaient eux aussi satisfaits de cet échange mais déçus de n’avoir pas pu faire venir plus de monde malgré la large diffusion de l’invitation.

Une proposition originale
Ils ont donc poursuivi la réflexion qui constitue la base même de leur projet, celui de mettre en lien le politique et une population de jeunes adultes venant plus particulièrement des quartiers populaires. Au terme de cette réflexion ils m’ont proposé une formule qui m’a un peu surpris car bousculant les formes traditionnelles : organiser un débat dans le cadre d’une soirée spéciale en lien avec des parties de laser game. Explications de leur part : une soirée avec un député européen n’attire pas ou du moins pas immédiatement, il faut trouver un prétexte pour faire le déclic. En couplant le débat politique et le laser game on aurait une formule attractive. Pourquoi accepter ? : parce que l’empowerment suppose aussi de faire confiance à l’association et à sa réflexion propre qui fut mûrie pendant plusieurs mois, une réflexion qui prend à bras le corps une des grands impensés/difficultés du politique qu’est celle rétablir le contact avec des pans entiers de la population, en particulier chez les jeunes dont l’abstention est dramatique. Deuxième problématique qui s’est posée dans nos discussions : quel équilibre entre les deux parties de la soirée ? La réponse donnée fut de mettre en avant la rencontre avec le politique avec le laser game comme prétexte assumé. J’avoue quelques interrogations sur le produit fini mais la conviction des promoteurs du projet et la très bonne expérience de notre premier débat achèvent de me convaincre d’essayer.

Une réussite
Après être rentrée en fin d’après-midi de la mini session de Bruxelles j’arrive donc le jeudi soir dans le 14e pour cette « party politik ». Je suis accueilli par le responsable du projet Jean-René Marcizet et son équipe qui me détaille le processus : une trentaine de jeunes adultes vont alternativement faire une session de laser game et venir débattre avec moi dans une salle attenante. Premier succès, il y a plus de monde que la première fois et il y a l’envie de débattre ou ne serait-ce que de s’informer sur les questions européennes. Nous lançons la première session avec une douzaine de personnes et après quelques phrases d’introduction les premières questions arrivent, questions préparés par l’équipe de l’association sur les thématiques européennes mais rapidement elles sont remisées et chacun fait partager ses propres interrogations.
Au fur et à mesure de la soirée, de nouvelles personnes arrivent, le débat est parfois un peu chaotique avec le passage d’un groupe à l’autre mais les discussions se poursuivent, certains préférant rester débattre ou revenant vite après leurs partie pour poursuivre.
Les sujets sont variés et portent sur des thématiques européennes (fédéralisme, interpellation sur « l’identité européenne », l’évasion fiscale, le rôle des lobbys, la monnaie et sa gestion, la défense européenne, élargissement) et leur actualité (situation en Grèce, en Ukraine), mais aussi sur des thématiques plus spécifiquement françaises (lutte contre les discriminations par exemple). Une bonne partie de nos débats a été aussi consacré aux questions internationales et particulièrement aux problèmes du Moyen-Orient.
Cette soirée a été l’occasion d’échanges très riches avec des jeunes adultes étudiants, technicien, travailleur en crèche, animateurs…Je remercie l’association pour cette rencontre dans un cadre plus original que nos habituels cafés politiques. Le laser game fut un bon prétexte à cette discussion. La formule fonctionne et démontre surtout la forte envie de débats, loin des clichés sur le désintérêt du politique, en particulier dans la jeunesse. Cela démontre aussi leur conscience aigüe des problématiques actuelles et le lien qui se dessine entre les différentes échelles, du local au mondial. Là aussi les clichés sont un rempart bien pratique pour éviter de s’adresser à une jeunesse qui subit la crise mais qui l’analyse, la combat et nous interroge sur nos politiques. J’espère poursuivre ce travail et félicite encore ces associations qui se mobilisent au service de cet enjeu démocratique et politique majeur.

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