Mon débat sur LCP « Pour sauver l’Europe, il faut en faire autre chose qu’une Europe de contraintes budgétaires »

LCP Assemblée nationale   Europe Hebdo   Alexis Tsipras peut il changer l’EuropeJ’étais l’invité de l’émission « Europe Hebdo » face à Inge Grässle, députée européenne (PPE) et membre de la CDU et Javier Nart, député européen (ADLE) et membre de Ciudadanos – Partido de la Ciudadanía pour débattre de la situation en Grèce et en Europe, notamment au lendemain de la victoire de Syriza.

  • Sur l’arrivée de d’Alexis Tsipras à la tête de l’Europe

Tsipras, ce n’est pas une révolution mais ça indique une évolution. D’ailleurs, la nouvelle politique de la BCE, l’annonce par la commission européenne d’une flexibilisation budgétaire, les positions du FMI montre qu’il y a une évolution en Europe. La victoire de Syriza valide le fait qu’il nous faut réorienter la politique européenne. Les choix que nous avons fait jusqu’à présent, la France y compris, ne fonctionnent pas ».

  • Sur la dette grecque

« Je comprends les allemands quand ils disent qu’il faut respecter ce qui a été signé. Mais j’aimerais aussi que l’Allemagne comprenne que ce qui a été signé est idiot.

Je prends l’exemple de la Grèce : jamais cette dette ne pourra être intégralement remboursée. Il vaut mieux passer un bon accord pour qu’il y ait la reconstruction d’un Etat grec où il y ait de la fiscalité, un cadastre et un allègement de la dette que vouloir à tout prix rembourser une dette insoutenable pour le pays.

(…) De toute façon, la Grèce mettrait près d’une centaine d’années pour rembourser cette dette. Attention, il ne s’agit pas de dire que la Grèce ne doit rien rembourser, que toute la dette est illégitime. Mais il faut trouver un accord intelligent qui aille à tout le monde et qui permette à la Grèce d’avoir un véritable Etat, performant et cohérent.« 

  • Sur une coalition des partis de gauche en Europe et le rôle de la France

« Raisonner classiquement sur une coalition des partis de gauche au niveau européen n’est pas suffisant. On voit bien que ce qui est en train d’émerger aujourd’hui, c’est la démocratie au sens pur du terme à savoir le pouvoir du peuple. On ne peut donc plus rester avec des appareils politiques qui semblent en effet de plus en plus contestables dans leur manière de faire.

Après au niveau européen, la France a une responsabilité dans le fait qu’il n’y ait pas eu de coalition efficace des partis de gauche. Après 2012 et la victoire de François Hollande, nous aurions pu aller plus loin dans la rediscussion au niveau européen de ce qui avait été établi et qui ne fonctionne pas. On a alors loupé le coche. De ce point de vue là, la victoire de Tsipras et l’évolution qui s’annonce au niveau européen, montrent que l’on peut rediscuter en Europe. François Hollande a donc une carte à jouer maintenant.« 

  • Sur l’orthodoxie budgétaire portée par certains dirigeants européens

En réponse à Inge Grässle (PPE, CDU) qui déclare concernant l’obligation de la Grèce à rembourser sa dette « Nous avons pris des garanties sur la base des accords. On ne peut pas changer d’avis lorsqu’on traverse un fleuve et qu’on est au milieu. »,

Guillaume Balas : « Il faut évoluer et rediscuter. Nous faisons de la politique. Ce n’est pas le droit technocratique qui gouverne, c’est la politique et le peuple. Vous n’êtes pas une comptable madame, vous êtes une responsable politique. »

  • Sur la question géostratégique et énergétique

« C’est une question d’heure de vérité pour l’Europe. Et la question géostratégique est peut être bien plus importante que la question économique. On est pris en étau entre la Russie et les Etats-Unis du point de vue énergétique. L’heure de vérité pour l’Europe est de savoir si nous savons être une grande puissance internationale : cela demande donc d’être autonome du point de vue commercial et autonome du point de vue énergétique. Et donc d’être en capacité, lorsque l’on subit une agression commerciale comme la Russie vient de le faire, d’être en capacité d’y répondre et d’aider ceux qui sont en difficulté aujourd’hui. »

  • Sur la manière de réorienter l’Europe

« Si l’Europe se résume à une coalition de pays avec de la solidarité budgétaire et des règles fixes, ça ne marche plus. Donc aujourd’hui ce qu’il faut construire si on veut sauver l’Union européenne c’est tout simplement de dire qu’il faut harmoniser fiscalement, lutter contre l’évasion fiscale, faire en sorte qu’il y ait réellement des investissements communautaires et pas simplement le plan Juncker, trop faible. Ça signifie qu’on a la responsabilité d’investir là où ça va mal et pas simplement de dire que lorsqu’un Etat donne 1 euro, il en attend 5 en retour. En conclusion : il faut faire de l’Europe autre chose qu’une Europe de contraintes budgétaires. »

Retrouvez le débat dans son intégralité ci-dessous :

Alexis Tsipras peut-il changer l’Europe ?

Vous pouvez également visionner cette vidéo à l’adresse de l’émission : http://www.lcp.fr/emissions/europe-hebdo/vod/166938-alexis-tsipras-peut-il-changer-l-europe

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