[Marianne] Guillaume Balas (PS) : « La victoire de Syriza est une chance pour l’Europe et la France »

Meeting de soutien au peuple grec, lundi 19 janvier, Gymnase Japy © Photo Thierry Seveyrat

Interview parue sur Marianne : http://www.marianne.net/guillaume-balas-ps-victoire-syriza-est-chance-europe-france-200115.html

Mardi 20 Janvier 2015 à 5:30

Propos recueillis par Bruno Rieth
Lundi soir, se tenait à Paris un rassemblement en soutien à Syriza. Se sont ainsi retrouvés côte à côte Cécile Duflot, Pierre Laurent, Jean-Luc Mélenchon et… le socialiste Guillaume Balas, député européen et secrétaire général d’Un monde d’avance, un des courants de l’aile gauche du PS. Pour ce dernier, sa présence dans ce meeting était « légitime » d’autant qu’une victoire de la coalition emmenée par Alexis Tsipras mettrait « fin à cette idée qu’il n’y a pas d’alternative aux politiques libérales ».
Meeting de soutien au peuple grec, lundi 19 janvier, Gymnase Japy  © Photo Thierry Seveyrat

Meeting de soutien au peuple grec, lundi 19 janvier, Gymnase Japy
© Photo Thierry Seveyrat

Marianne : Pourquoi avez-vous accepté de participer à un meeting en soutien à Syriza aux côtés de personnalités comme Cécile Duflot, Jean-Luc Mélenchon ou Pierre Laurent qui ne sont pas les plus tendres en ce moment avec les socialistes français ?
Guillaume Balas : Lorsqu’il y a un meeting organisé pour soutenir un parti de gauche, il est normal que des socialistes y participent. Syriza est un parti de gauche et il est légitime, par solidarité avec la gauche, surtout lorsque cette formation est en position de gagner, de souhaiter sa victoire. Mais je ne soutiens pas que Syriza, je soutiens la gauche grecque dans son ensemble. Supporter la coalition emmenée par Alexis Tsipras, c’est aussi une manière de dire et de montrer que gauche et droite, ce n’est pas pareil. J’aimerais que les socialistes européens en fassent de même. Car si les membres du Pasok sont des camarades de l’Internationale socialiste, ce ne sont pas eux qui sont en capacité de remporter les prochaines législatives en Grèce.

En quoi la victoire de Syriza serait une bonne chose, selon vous ?
La victoire de Syriza est une chance pour la Grèce, l’Europe et la France. Pour la Grèce et les Grecs tout d’abord, lorsque l’on regarde le programme de Syriza et son ambition de reconstruction d’un Etat grec par une nouvelle fiscalité, la création d’un cadastre ainsi que la volonté d’en finir avec des politiques d’austérité. Au niveau européen, ça permettrait de mettre fin à cette idée qu’il n’y a pas d’alternative aux politiques libérales. On est face à une hypothèse réjouissante : un peuple souverain a la possibilité de décider de mettre fin à des politiques d’austérité pour appliquer une politique de gauche sans pour autant rompre avec l’Europe. C’est important de le noter. Pour la France enfin, la victoire de Syriza pourrait permettre à la gauche française, qui est traversée par des débats très durs, et au gouvernement donc, de se poser la question de savoir dans quel camp l’on souhaite être. On ne peut pas imaginer qu’en cas de victoire de Syriza en Grèce face à des conservateurs, les socialistes européens et donc les socialistes français aussi, considèrent cette coalition comme un adversaire. Il ne faut pas se tromper de camp !

Pierre Moscovici, lui, vous avait conseillé de « quitter le PS et d’adhérer au Front de gauche ». Est-ce que votre présence à ce meeting a fait débat au sein de votre parti ?
La direction du PS ne m’a pas interdit d’y aller en tout cas. Et c’est plutôt bien puisque ça prouve que des socialistes peuvent encore se retrouver avec d’autres formations de gauche pour soutenir une organisation de gauche qui a toutes ses chances de remporter des élections. Ceux qui ne seraient pas d’accord avec cette démarche, qu’ils m’avancent des arguments pour m’expliquer pourquoi il ne faudrait pas le faire. Je ne dis pas qu’il faut être indifférent aux autres formations de la gauche grecque. Au contraire même puisque Syriza sera a priori amené à former une coalition pour gouverner. Mais pour répondre à ceux qui voudraient me voir quitter le PS, je ne fais que soutenir une formation de gauche qui veut appliquer une politique de gauche. En réalité, c’est à eux de dire de quel côté ils sont.

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