OGM : pourquoi le Parlement Européen devait agir ?

Corn

– Crédits photo Flickr –

OGM : pourquoi le Parlement Européen devait agir ?

Depuis 4 ans, sur les OGM, l’Europe était dans l’impasse. Les États européens qui refusaient les OGM sur leur sol voyaient leurs décisions d’interdiction invalidées par leurs propres juridictions. Faiblesse juridique nationale et minorité de blocage au Conseil Européen (réunion des chefs d’États), la situation n’était plus tenable pour ceux qui, comme la France et une vingtaine d’autres pays européens, refusaient la culture OGM.

Dès lors que faire ?

On aurait pu rêver à une interdiction communautaire totale des OGM. On souhaite d’ailleurs un jour que cette interdiction aboutisse. Pour cela, il faudra poursuivre le rapport de force avec les gouvernements récalcitrants, et lutter contre les intérêts de certains industriels et de leurs intérêts exclusifs. Cette lutte doit être constamment menée car nous sommes nombreux, et majoritaire en Europe, à ne pas vouloir d’OGM. Et lorsque l’on ne veut pas d’OGM, on se méfie de leur propagation dès lors qu’ils sont cultivés dans certains États membres.

Conscients de tout cela, nous étions aussi conscients d’être dans une impasse. Celle qui nous empêchait de mettre en place une interdiction commune à toute l’Europe, et fragilisait dès lors les États face aux semenciers. Il fallait agir. Nous socialistes avons donc décidé de soutenir la Directive qui « re-nationalise » le choix d’interdire les OGM. C’est à dire de permettre aux États membres qui le souhaitent d’interdire la culture d’OGM sur leur territoire. Désormais la France pourra interdire ces cultures sans craindre d’être systématiquement poursuivie par les semenciers, et ce ne sera plus à la Commission de trancher, à défaut d’accord entre les chefs d’États Européens.

C’est le sens de notre vote au parlement Européen le 13 janvier dernier. Ce compromis est inachevé, mais pour autant précieux pour sécuriser notre position. C’est une solution « nationale », à défaut d’être européenne ; mais ce compromis permet, autant que faire se peut, de limiter les contaminations transfrontalières. Nous avons progressé sur les mesures de coexistence dans les zones transfrontalières. Et nous maintiendrons la pression sur l’évaluation des pratiques de protections mises en place notamment à la frontière espagnole.

Ce consensus aurait aussi mérité la création d’un fonds de responsabilité financière et d’indemnisation. Il fait l’objet d’une évaluation de la part de la Commission européenne. Nous conservons cette revendication dans les prochaines discussions.

Il eut été plus facile et confortable de nous opposer en bloc à cette renationalisation des règles au nom d’une position commune européenne. Mais nous avons préféré trouver une majorité pour permettre aux pays qui le souhaitent de bannir la culture des OGM. Nous ne renoncerons pas à aller vers une position idéale sur ce sujet, pour autant, en chemin, nous essayons de modifier le réel.

 

 

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1 Comments

  1. Bonjour,

    Que pensez-vous du riz doré et des autres OGM de ce type ??

    Cordialement.

    JG

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