Adresse à Jean-Claude Juncker et au Conseil Européen

Crédits photo : European Parliament
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Les chefs d’Etat ou de gouvernement de l’UE se sont réunis la semaine dernière (en présence du Président de la Commission, Jean-Claude Juncker) avec notamment comme ordre du jour le plan d’investissement des 300 milliards. Voici les quelques remarques que je soumets à leur sagacité.

Monsieur le Président de la Commission, Monsieur le représentant du Conseil,
La Commission européenne se veut celle de la « dernière chance » et propose aux Européens un nouveau départ : je ne vous cache pas que l’annonce du plan d’investissement ainsi que la présentation du programme de travail de la Commission sont loin d’avoir levé les doutes au sein de cet hémicycle.
Sur le plan d’investissement, nous avons certes senti un frémissement ou, plus exactement, un changement de fusil d’épaule en Europe. Cette nouvelle orientation apporte un désaveu cinglant aux recettes éculées de la droite européenne et singulièrement celles prônées par les amis de Madame Merkel et de M. Weber (Manfred Weber, président du groupe PPE au Parlement européen) dont l’approche économique se limite à une vision purement comptable des finances publiques.
315 milliards d’euros d’investissement, c’est assez peu vu les enjeux : notre groupe proposait un montant trois fois plus important pour sortir l’Union de la crise. Surtout, le montage financier que vous avez imaginé relève au mieux d’une savante mais fragile ingénierie financière ou, au pire, d’une illusion dont le dévoilement nous sera fatal vu la crise que notre continent traverse.
La Commission nous propose de moins légiférer pour mieux légiférer… Ce principe ne doit pas être l’occasion rêvée pour justifier de nombreux abandons en rase campagne de sujets centraux pour les citoyens européens. Je pense évidemment à la qualité de l’air, à l’économie circulaire, au nouveau modèle de consommation et de gestion des déchets. Le monde change et la Commission ne peut pas se poser uniquement comme facilitateur exclusif du monde des affaires et des intérêts patronaux. Dépasser vos reflexes productivistes hérités d’un modèle de développement archaïque et nuisible pour faire de l’Europe le leader mondial du renouvelable et ainsi entamer la transition écologique. Ne laisser pas notre R&D (Recherche et développement) du renouvelable à la traine sous prétexte de pétrole conjoncturellement bon marché. C’est là que se niche le potentiel avantage concurrentiel de l’Europe sur la Chine.
Enfin, en matière de lutte contre l’évasion fiscale et de taxation des transactions financières, vous avez fait, M. Juncker amende honorable, démontrez-nous que vous ne vous limiterez pas à jouer le rôle de porte-voix des intérêts individuels à l’instar de votre prédécesseur.

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