Les miracles de « l’effet levier ». Mon intervention lors du débat de Toute l’Europe.eu

A l’occasion d’un débat avec le député centriste de l’ADLE Dominique Riquet le jeudi 18 décembre pour le site Toute l’Europe.eu (un des sites de référence pour suivre l’actualité et les dossiers européens), je suis revenu sur les enjeux du plan Juncker.

Le financement : « L’effet levier », pari ou effet miracle ?
La commission Juncker fait reposer le financement de son vaste plan d’investissement de 300 milliards sur une base d’argent public qui servirait d’amorce à la levée de fonds privés grâce à ce qu’on appelle « l’effet levier ».
« Le problème » c’est ce fameux effet levier selon lequel un euro public pourrait ramener 15 euros privés, « un effet levier d’1 à 15 » ! Vous discutez avec n’importe quel économiste, cela n’existe pas. »

La volonté politique des Etats à l’épreuve
« Juncker veut vraiment ce plan, se bat pour ce plan mais n’a pas l’appui des Etats pour faire en sorte qu’il puisse fonctionner. Les Etats doivent être responsables : on ne peut pas réclamer un investissement européen fort et ne pas faire en sorte que cet investissement public ne puisse pas exister au travers du budget européen. Il y a une contradiction. »

L’UE et la commission Juncker doivent assumer leurs engagements
« Il faut que Juncker assure ce qu’il a promis : les fonds investis par les Etat doivent être défalqués des calculs des déficits. Sinon les Etats ne donneront pas. Si on veut un abondement par les Etats c’est la priorité »
« Le deuxième élément important c’est la flexibilité budgétaire c’est-à-dire autoriser dans la période les Etats à ne pas tout à fait respecter ou du moins une souplesse par rapport au 3% de déficit. Pourquoi ? Tous ces projets qui vont être présentés demandent un cofinancement et si jamais les Etats ne peuvent pas cofinancer et que Bruxelles leur dit que cela va accroitre leur déficit, cela va menacer ces projets. »

Quels projets d’investissement et avec quel contrôle démocratique ?
« Il faudrait discuter avec les collectivités (pour la sélection et la mise en place des projets financés par le plan d’investissement). (…) « En France on connait des projets concernant les transports qui existent comme le Grand Paris Express en Ile de France qui peut tout à fait correspondre à un projet d’intérêt européen ».
« Il ne faut pas non plus ne financer que des projets existants mais abonder des projets nouveaux.
La rapidité des propositions françaises nous rend crédibles mais elle est problématique car je ne suis pas sûr qu’en quinze jours on ait pu imaginer des projets innovants. »
« Si on est sérieux pour la construction d’une Union Européenne démocratique qui parle aux peuples, il faut au moins que leurs représentants soient associés. Ce n’est pas une question annexe, c’est un plan majeur, la démocratie européenne ne peut pas s’exprimer et c’est donc un sujet. »

Print Friendly

Leave a comment

Your email address will not be published.


*


Visit Us On TwitterVisit Us On FacebookVisit Us On YoutubeCheck Our Feed