« 1 an » pour lutter contre le réchauffement climatique ?

Crédits photo : FlickR
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Je me suis rendu le 28 novembre dernier à Paris, à l’initiative du Groupe des Verts au Parlement Européen, à la réunion des acteurs européens engagés dans la négociation mondiale sur le climat, qui se tiendra dans un an au Bourget.

De quoi s’agit-il ? En 2015, Paris accueillera la « 21e Conférence Climat » dite COP21. Conférence sous l’égide de l’ONU dont l’objectif est la réduction au maximum des émissions de gaz à effet de serre. Rappelons l’urgence absolue dans laquelle se trouve notre planète en termes de lutte contre le réchauffement climatique, entrainant une accélération d’inondations, sécheresses, famines, migrations climatiques, raréfaction des ressources, disparition des espèces.

Dès lors, il est très important, à un an de la conférence de Paris, de tirer le retour d’expérience suite au fiasco de Copenhague (dernière conférence climat en 2009 n’ayant pas permis d’aboutir à un accord) et de poser les jalons qui restent à franchir pour aboutir à un accord consistant, contraignant, ambitieux.

La présence, à l’invitation du Député Européen Yannick Jadot, du Ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, Président de la COP21, de parlementaires français et européens, de représentants de la Commission Européenne, de climatologues, de représentants d’ONG, de collectivités locales, de partis écologistes français et européens, a permis d’identifier clairement les enjeux de la future négociation.

Quelle doit être la trajectoire qui guidera les négociations entre la Conférence de Lima qui a débuté le 1er Décembre et celle de Paris ?

  • Le prix du pétrole de plus en plus bas et le développement des gaz de schistes et autres bitumineux peuvent accréditer l’illusion du statu quo. Le rôle de l’Europe est précisément de réguler par le marché la transition énergétique, pour sortir d’un modèle court-termiste basé sur les énergies fossiles. C’est au prix de cette régulation que le business model de l’économie climatique va pouvoir se consolider et prospérer.
  • Dès lors, sur le fond, il nous faut collectivement veiller à ce que le « climat-scepticisme » ne se transforme pas en « climat-fatalisme ». Face à l’ampleur des efforts que vont devoir fournir les pays en s’engageant à réduire leur émissions, le fatalisme et les égoïsmes nationaux ne doivent pas l’emporter sur la dynamique qui va se créer.
  • Éviter la posture paradoxale qui ferait de la Commission et du Conseil Européen les supposés bons élèves, prescripteurs d’une négociation mondiale, leur permettant ainsi de réduire dans l’ombre leurs ambitions et leurs exigences.
  • Ne pas croire, comme à Copenhague, que l’intervention finale et tardive des chefs d’États puisse permettre un accord. C’est la préparation diplomatique et la mobilisation citoyenne anticipée qui permettra un potentiel succès.
  • Si le principe « d’objectifs différenciés par pays» semble désormais acté dans la trame du futur accord, il va falloir pour autant comptabiliser une « juste répartition des efforts » par pays, afin de limiter les effets d’annonce non suivis d’engagements contraignants.
  • Si l’accord Sino-américain s’apparente à une négociation bilatérale, dissocions pour autant les ambitions des deux plus gros pollueurs de la planète. En effet, le basculement à droite du Sénat américain va considérablement compliquer la tâche du Président Obama. A l’inverse, et même si la Chine va continuer à battre des records de pollution dans les 15 prochaines années, la pression de la société civile et la prise de conscience de la classe dirigeante chinoise semble s’accroitre dans un contexte de plus en plus « irrespirable », au sens propre du terme.
  • Enfin et surtout, valider les engagements, le mécanisme et les sources de financements du « Fonds vert pour le climat » destiné aux projets les plus ambitieux et aux pays les plus vulnérables.

Dans le processus de préparation de la négociation qui s’entame, dans le travail de mobilisation citoyenne (à la suite de la marche mondiale pour le climat du 21 septembre dernier), dans les discussions entre parties prenantes, gouvernementales ou ONG, l’élément clé de la Conférence Climat 2015 tient à l’ambition et au savoir-faire politique du pays hôte, la France. L’équation est posée, la responsabilité identifiée. Il nous reste à présent moins d’un an pour réussir.

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